Alain Jean-Mairet

Mai 232017
 

Source: Qui, de nos jours en Occident, ne connaît pas Averroès – brillant philosophe du paradis andalou? Mais combien de ceux qui prétendent le connaître ont lu ses travaux de juriste, c’est-à-dire ce pour quoi il était vraiment un grand personnage de son temps? Cet ouvrage en deux volumes (dont seul le premier est proposé ici) permet de combler cette lacune. Il s’agit en fait d’un traité de droit sunnite comparé. Averroès y passe en revue le droit islamique à peu près complet en indiquant les points qui font consensus et ceux sur lesquels les juristes sunnites ont connu des divergences. Il y a de quoi obtenir une excellente vue d’ensemble à la fois de la charia et de la «philosophie» appliquée d’Averroès. Deux exemples ici, avec la prière et le jihad:
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Mai 202017
 

Source: Rappelons-le d’emblée, en citant le Dictionnaire du Coran (p 925): «S’agissant du voile féminin, les légistes musulmans ont invariablement conclu à son caractère obligatoire pour les femmes musulmanes nubiles de condition libre (…) Que devait-elle précisément cacher d’elle-même? La réponse qui a été apportée à cette question dépend de la définition adoptée de la ‘awra de la femme musulmane libre : son corps entier à l’exception de son œil gauche, sa chevelure (…)»

Cet ouvrage du professeur Aldeeb expose ce consensus et ses finesses dans leur ampleur et leur profondeur, d’abord en indiquant les circonstances qui sont censées avoir donné lieu à l’introduction de l’obligation de voiler les femmes du vivant de Mahomet, avec bien sûr les versets coraniques et les principaux hadiths, puis en décrivant les réflexions des juristes et des contestataires modernes sur ce thème et enfin en présentant la totalité des exégèses des versets coraniques concernés, de toutes les écoles, du VIIIe siècle à nos jours.
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Mai 202017
 

Source: Dans une tribune, le journaliste égyptien Saïd Shuayb appelle à une mobilisation pour « réanimer et promouvoir la critique humaniste » au sein de l’islam.

Un Egyptien montre une page de l’évangile de Jean ensanglantée par l’attentat perpétré contre les chrétiens coptes de l’église de Tanta, au nord du Caire, le 9 avril 2017.

« Je suis musulman et je déteste les chrétiens. »

Oui, avoir les chrétiens en abomination est un devoir religieux islamique, les mépriser est une nécessité. Ce ne sont pas véritablement des êtres humains. Soit on les pousse à émigrer en dehors des pays musulmans, soit on les tue. Et si on est un musulman noble, on les laisse vivre, mais humiliés, outragés, et on leur fait payer la jiziya, le tribut prévu dans le Coran pour les minorités non musulmanes, pour les rabaisser.

Ceci est clairement une partie importante de la culture religieuse islamique. Il ne faut pas tomber dans le piège de croire que ce qui est arrivé dans la province d’Al-Miniya, à 240 km au sud du Caire [en mai 2016 dans un village, une femme copte de 70 ans avait été agressée et humiliée par des islamistes], et ce qui est arrivé avant et ce qu’arrivera encore dans d’autres lieux est uniquement causé par des salafistes puritains radicaux ou des wahhabites saoudiens.

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Mai 182017
 

Source: Ce livre est une apologie de l’islam à l’occidentale, articulée ostensiblement autour du redressement de clichés, souvent caricaturaux («tous les Arabes sont musulmans», «on ne peut lire le Coran qu’en arabe», «n’importe qui peut devenir imam», «les soufis ne sont pas des vrais musulmans, car les musulmans sont fondamentalement violents»), auxquels l’auteur répond essentiellement par des sophismes, des louvoiements, des dissimulations, des versets coraniques «améliorés» ou hors sujet, des hadiths trompeurs et quelques affirmations trop péremptoires pour être honnêtes mais qu’on ne peut contrer qu’au terme de longues études. Si vous cherchez de quoi meubler une conversation de café du commerce de manière à favoriser l’islamisation de l’Occident, c’est parfait. Si vous cherchez à comprendre l’islam et les ressorts des dangers qu’il semble receler, lisez plutôt Martine chez les Bretons, ou quelque chose comme ça. Vous n’en saurez pas plus, mais vous n’aurez pas non plus de fausses idées supplémentaires à surmonter.

Tout au long de l’ouvrage, l’auteur joue avec les différents éléments d’information (contenu des textes fondateurs, jurisprudence musulmane, «histoire», linguistique, études sociologiques, sondages actuels, déclarations de personnalités, sentiments populaires) et les différentes focalisations sur le phénomène (fable du prophète, période abbasside, ottomane ou «andalouse», actualité, vision globale sur 1400 ans) pour dissimuler l’éléphant dans le salon.
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Mai 182017
 

Source: Ce petit livret pour les enfants (Mahomet aurait prescrit d’enseigner la prière aux garçons dès 7 ans et de les frapper pour cela dès 10 ans – Sunan Abi Dawud 494) tente de présenter la prière musulmane comme un important acte liturgique, ce qu’elle est, et comme une activité parfaitement bénigne, ce qu’elle n’est pas. Je vais ici le compléter en mentionnant les principaux non-dits. Continue reading »

Mai 142017
 

Source: Il s’agit d’un échange de correspondance entre un universitaire musulman, épris de recherches sur l’islam et vivant semble-t-il au Maroc, et sa fille de vingt ans, étudiante en philosophie et en «sciences religieuses» qui a rejoint l’EI pour y épouser un responsable de la police islamique de Falloujah, en Irak.

C’est une succession de désastres. Lui se reproche de n’avoir pas su inculquer à sa fille le bon sens nécessaire pour éviter le piège du radicalisme, subit les critiques acerbes tant de sa fille (qui lui reproche de ne pas la rejoindre) que de ses pairs (pour ses travaux remettant en question certains dogmes musulmans) et de la police (qui le torture en apprenant que sa fille est partie en Irak), puis de certains de ses étudiants favoris pris d’une crise d’intégrisme et qui le laisseront pour mort après ce que la justice de son pays appellera une «bousculade». Il perd sa fille, son emploi, sa santé, sa dignité. Mais pas sa foi.
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Mai 122017
 

Source: Pour exposer ce thème d’une actualité brûlante, l’auteur a choisi de traiter non seulement ses implications actuelles mais aussi et surtout tout ce qui en fonde les motivations spécifiquement musulmanes, au sens théologique du terme, avec la totalité des exégèses coraniques des versets réglant le phénomène dans l’islam, des origines à nos jours. C’est à la fois un tour d’horizon général et une plongée dans les profondeurs de l’aventure musulmane. Cela demande du souffle, mais cela en vaut la peine.
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Mai 112017
 

Source: Le terme taqiya, maintenant bien connu ou du moins répandu, dérive du verbe ittaqa (craindre, se protéger), dont la forme verbale tuqat figure au verset 3.28 du Coran, dont voici la version arabe, avec le passage crucial sur la deuxième ligne:

لاَّ يَتَّخِذِ الْمُؤْمِنُونَ الْكَافِرِينَ أَوْلِيَاء مِن دُوْنِ الْمُؤْمِنِينَ وَمَن يَفْعَلْ ذَلِكَ فَلَيْسَ مِنَ اللّهِ فِي شَيْءٍ
إِلاَّ أَن تَتَّقُواْ مِنْهُمْ تُقَاةً
وَيُحَذِّرُكُمُ اللّهُ نَفْسَهُ وَإِلَى اللّهِ الْمَصِيرُ

et une version française ou le passage en question est en majuscules:

Que les croyants ne prennent pas les mécréants pour alliés hors des croyants. Quiconque fait cela, n’est pas [des alliés] de Dieu, À MOINS QUE VOUS NE LES CRAIGNIEZ. Dieu vous prémunit de [son châtiment]. C’est vers Dieu la destination.
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Mai 092017
 

Source: Au début de la lecture, on est agréablement surpris par le ton détaché et la distance dont l’auteur fait preuve pour décrire les fondements de la foi musulmane. On a l’impression que l’homme a profondément réfléchi, a considéré certains points de vue critiques avec bienveillance et tente de proposer une approche nuancée d’un sain scepticisme. Quelques sophismes mineurs par-ci par-là pour arrondir les angles, pas plus. Mais en arrivant à la charia et à la période médinoise de la «révélation», il puise copieusement dans la boîte à malices des apologistes pour dédouaner l’islam, le Coran et Mahomet. C’est alors une amère déception et on doit lutter contre le sentiment que toute l’entrée en matière «raisonnable» ne sert qu’à introduire cette duperie.

Le texte est organisé sous forme de questions et de réponses. L’auteur nous dit en fin d’ouvrage, dans une sorte de conclusion où il défend le bien-fondé de la critique (de la religion), qu’il s’agit des questions qu’il se posait lui-même à 15 ou 16 ans et que ses étudiants lui posent souvent aujourd’hui. Nous abordons ainsi les origines du Coran, la figure de Mahomet, les différences entre la parole et le texte, les genres littéraires du Coran, La Mecque (dont on n’apprend hélas rien qui ne vienne pas directement de la fable standard), Médine, les dispositions juridiques dans le Coran, le Coran et la violence – le tout de manière très décontractée, à la manière d’une discussion détendue autour d’un verre de thé à la menthe.
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Mai 082017
 

Source: Visiblement rédigé et illustré à l’intention des jeunes filles francophones, ce petit livre contient tout le nécessaire pour jouer à la musulmane avec les copines. Et il évite très soigneusement tout ce qui pourrait permettre de comprendre les implications désastreuses de ce jeu dangereux.
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Mai 072017
 

Source: Ce petit livre convient fort bien pour aborder la structuration et le fonctionnement du droit musulman. Mais il semble vouloir donner l’impression trompeuse que l’évolution du droit musulman entamée au XIXe siècle va (uniquement) dans le bon sens.

Après un avant-propos où l’on découvre les grandes lignes de la création de l’islam (sans remise en question du narratif standard) et de son système juridique, l’ouvrage survole les structures du droit musulman classique en deux douzaines de pages, puis laisse entendre que la charia, tombée en désuétude, serait depuis complétée par un volet composé d’édits des souverains. Il en mentionne plusieurs exemples puis s’attache, pour le reste de l’ouvrage, à décrire le droit de la famille et des successions.
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Mai 062017
 

Source«Le radicalisme dans les mosquées suisses» est un petit ouvrage journalistique dont j’ai puisé la matière première dans des recherches que j’ai faites pour mes quelque 300 papiers de blog. Il montre comment le radicalisme infuse dans les activités des associations islamiques et mosquées, et pourquoi il faut s’en inquiéter. Une inquiétude largement amplifiée par la complaisance de multiples institutions laïques.

Les intéressés peuvent commander leur exemplaire dans les librairies suisses. Il y sera début mai. Pour la France et Amazon, il sera disponible au mois de juin.

Précommande: Amazon Fnac 

Mai 042017
 

Source: Ce petit livre plutôt désorganisé renferme un discours très libre, sans réel fil conducteur, vaguement véhément, avec de nombreuses semi-vérités et des démonstrations peu abouties, quelques mensonges et une totale absence d’issue sur le sujet. Je peine à comprendre le nombre de critiques positives dont il bénéficie.

L’auteur vise, semble-t-il, à redresser des idées préconçues sur l’islam, l’islamisme, le salafisme, la réforme ou la philosophie dans l’islam. Mais il ne s’y attache que de manière très superficielle, en démontant le plus souvent des notions grossières pour signifier que la réalité est plus complexe. Et en reste là. Parallèlement, il confirme lui-même certains de ces stéréotypes en adoptant parfois les mêmes grosses ficelles qui servent usuellement à tromper les novices.

Quelques exemples de ces manquements: dès le début, pour nous présenter la controverse sur la nature intrinsèquement violente, ou pas, du message coranique, il propose une version tronquée du verset 5.32 pour illustrer le coran non violent, ce qui constitue une simple escroquerie intellectuelle (voir mon commentaire de Petit livre de – Sagesses d’Islam à ce propos) et insiste, disant qu’on «pourrait multiplier longuement les exemples et les citations, dans les deux sens». Non, mis à part des apologistes à la petite semaine, qui manipulent les versets coraniques, comme ici, personne n’a jamais apporté la démonstration que le Coran délivre un message de tolérance et de non-violence. On peut même démontrer le contraire en alignant la totalité des exégèses coraniques des versets du jihad, de toutes les écoles, comme dans Le jihad dans l’islam: Interprétation des versets coraniques relatifs au jihad à travers les siècles. Ou celle de cet autre verset systématiquement tronqué et dévoyé par les apologistes disant «Nulle contrainte en religion»: Nulle contrainte dans la religion: Interprétation du verset coranique 2:256 à travers les siècles.
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Mai 032017
 

Source: Dans cet ouvrage savant et fouillé, l’auteur propose une découverte des premiers siècles de l’islam articulée autour de l’étude de quelques-uns des principaux livres du chiisme ancien. En dépit d’un examen pointu de l’islam chiite (ou imamite), l’auteur parvient à conserver une grande largeur de vue et fournit ainsi au lecteur un paysage à la fois vaste et précis des grands courants de pensée qui ont façonné l’histoire et la doctrine musulmanes jusqu’au Xe siècle. C’est une lecture parfois ardue, mais toujours instructive et, en fin de compte, passionnante. L’ouvrage, avec ses notes, sa bibliographie et son index, constitue également une excellente source de références sur les thèmes abordés. Il mérite sa place, à portée de main, dans la bibliothèque de tous les amateurs éclairés du sujet.

La construction de l’islam des textes, pendant les premiers siècles après l’hégire, s’est déroulée dans un contexte extrêmement agité, violent, cruel et sanglant. L’essentiel de ce que les gens d’aujourd’hui sont censés en savoir leur vient des grands vainqueurs (sunnites) de ces affrontements. Mais la fable bien droite et lisse reproduite dans les vulgarisations ordinaires recouvre un foisonnement d’affabulations et de témoignages contradictoires. Les recherches historico-critiques récentes montrent que la vérité, si elle reste largement hors d’atteinte, est certainement très éloignée de la fable sunnite usuelle.

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Mai 022017
 

Source: Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse bien de l’édition dont je dispose. La couverture semble correspondre, mais mon édition, également de 2012, est en trois volumes. L’ensemble a très bonne façon, avec une belle impression bicolore (noir/bordeaux) mais la couverture du premier tome a été inversée à la production, de sorte qu’en l’ouvrant, on découvre la dernière page du volume, à l’envers.

L’auteur est professeur à l’Université Mohammed V de Rabat (Maroc). Il est notamment titulaire du Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises de l’Académie française et du Prix Mohamed VI pour la pensée et les études islamiques, deux prix qui lui ont été décernés en 2013, soit un an après la publication du titre commenté ici.

Son ouvrage est un exercice libre de traduction et d’exégèse du Coran, dont il donne la version arabe standard, une traduction française et un commentaire de son cru. L’ouvrage est composé dans la perspective d’une lecture continue, et non d’une recherche de références – le nom et le numéro de la sourate sont absents sur les pages et le novice ne peut donc pas feuilleter le livre rapidement à la recherche d’un verset précis.

On cherchera en vain dans ce livre la moindre réflexion critique ou seulement sceptique envers le Coran et la fable fondatrice de l’islam. Le Coran, pour Benchekroun, «comprend la totalité de ce que doit savoir le croyant pour s’organiser spirituellement et matériellement (…). Il contient donc tout ce qui est nécessaire, ce qui se rapporte au passé, au présent et au futur. Tout y est globalement, virtuellement, potentiellement, implicitement mais aussi explicitement. On y trouve à ce niveau tous les principes, toutes les règles de droit, tous les statuts légaux», dit-il dans son avant-propos.

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Mai 012017
 

Source de la traduction française et source initiale en anglais

  • “Faites attention, soyez très prudent. Ce qui s’est passé ici viendra à vous. “- Un prêtre âgé en Irak, au père Benedict Kiely.
  • L’année dernière, plus de 90 000 personnes ont choisi de quitter l’Église de Suède – soit près de deux fois plus que l’année précédente. Pendant ce temps, en un an, 163 000 migrants, la plupart musulmans, sont entrés dans le pays.
  • “La question des chrétiens du Moyen-Orient ne devrait-elle pas éveiller la civilisation européenne vers son identité de base ? Ne devrions-nous pas en Europe et en Occident nous dire que ces attaques nous sont également destinées? »- Mathieu Bock-Côté, dans le Figaro.

“Je crains que nous nous approchions d’une situation ressemblant au destin tragique du christianisme en Afrique du Nord dans les premiers jours de l’islam”, prévoyait un évêque luthérien, Jobst Schoene, il y a quelques années.

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Mai 012017
 

Source: Ce gros ouvrage (quelque 900 pages, moitié en arabe moitié en français) du juriste et spécialiste syrien du hadith Al-Nawawi (1233-1277) est fameux depuis quelques décennies. On en trouve diverses éditions françaises, également électroniques, et il semble fort prisé par de nombreux musulmans d’Occident.

Il s’agit d’une sélection de hadiths classés par thèmes. Les rubriques sont souvent aussi introduites par des versets coraniques relatifs au sujet abordé. Le choix des thèmes indique que l’auteur voulait s’adresser au «peuple» – on n’y trouve pas l’habituelle structuration des manuels de juristes, avec notamment les aspects réglant les affaires civiles, pénales et gouvernementales – c’est de toute évidence une sorte de guide de comportement à usage personnel, avec un fort accent sur la «vertu». On y découvre ce que l’islam attend de ses fidèles pour être bien vus par les autorités, Allah en premier, bien sûr.

Sa plus longue rubrique est consacrée au jihad («Livre de la guerre sainte»), mais en dépit de cette longueur, on y cherche en vain tant les versets coraniques fondant usuellement le jihad offensif (8.38-39, 9.5, 9.29-31, 9.123, etc.) que les hadiths réglant l’attaque des mécréants, figurant pourtant dans les premières pages du chapitre du jihad dans le Sahih Muslim, par exemple. Ceux-ci autorisent notamment à assaillir sans sommation les mécréants ayant reçu le message de l’islam et fixent les modalités de la rencontre avec les mécréants sans connaissance de l’islam (inviter à l’islam, en cas de refus proposer la dhimma et en cas de nouveau refus attaquer sans autre déclaration de guerre).

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Mai 012017
 

Source: Disons-le d’emblée, ce livret aussi nous précise que le 7e verset de la Fatiha, première sourate du Coran dans l’ordre canonique, désigne les juifs et les chrétiens. Et confirme ainsi que les musulmans (pratiquants) maudissent ces derniers au moins 17 fois par jour en prière. Il rappelle aussi (deux fois: en introduction et en conclusion), que la récitation de la Fatiha est indispensable lors de toute prière – sans cette répétition, aucune prière ne serait valable. Voici donc pour confirmer l’essentiel, qui ressort également de l’étude de la totalité des exégèses coraniques, de toutes les écoles juridiques, du VIIIe siècle à nos jours, qu’on peut consulter dans La Fatiha et la culture de la haine: Interprétation du 7e verset à travers les siècles.

Après une introduction où il parle de l’islam d’une manière très générale et donne quelques renseignements de base sur la Fatiha, l’auteur a choisi de s’étendre assez longuement sur chacun de ses versets. Il trouve ainsi l’occasion de proposer à chaque fois un petit cours d’initiation sur les fondements de la foi musulmane. À ce titre, l’ouvrage peut présenter un certain intérêt pour des novices qui souhaiteraient découvrir rapidement les principaux modes de réflexion typiques du croyant musulman.

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Mai 012017
 

Source: Dans la Bible, Marc 5, Jésus réalise l’exorcisme d’un homme vivant dans des sépulcres et dont les quelque 2000 démons qui l’habitaient auraient été envoyés dans des pourceaux qui se précipitèrent aussitôt dans la mer. Au début de la procédure, Jésus aurait interrogé le possédé, lui demandant son nom. «Légion est mon nom, car nous sommes nombreux», aurait répondu l’homme.

Dans l’introduction de son commentaire de la Fatiha, la première sourate du Coran dans l’ordre usuel, Hani Ramadan avance que «le signe qu’un être ou une chose ont une grande valeur, c’est de voir cet être ou cette chose nommés de différentes façons». Il nous annonce fièrement que «dans la tradition islamique, le Créateur à quatre-vingt-dix-neuf noms, auxquels viennent s’ajouter ceux qui sont mentionnés en-dehors de cette liste, dans le Coran et la Sunna». Il insiste même pour nous apprendre que Mahomet aurait dit à propos de lui-même: «J’ai cinq noms: je suis Muhammad, et je suis Ahmad. Je suis le Hâshir (le Rassembleur), aux pieds duquel les gens seront rassemblés (au Jour dernier). Je suis le Mâhi (l’Effaceur), par lequel Dieu efface l’incroyance. Et je suis le Âqib (l’ultime Prophète).»

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Avr 302017
 

Source: Pour une grande partie des gens, sans doute, la prière désigne surtout un moment d’intimité avec Dieu, un effort personnel de rapprochement du sacré, que chacun est libre de concevoir selon ses convictions et l’inspiration de l’instant. Certes les Églises dictent certains comportements et éditent des missels avec des textes de prières à réciter, mais leur usage n’est prescrit que dans le cadre liturgique. Il en va tout autrement dans l’islam, où chaque musulman est tenu de réciter certaines invocations et certains textes bien définis, selon un rite précis, avec des gestes imposés, de nombreuses fois par jour. L’islam semble tenter de faire de la vie entière une seule longue liturgie.

La Fatiha, la première sourate du Coran dans l’ordre canonique, est de très loin le plus important de ces textes. Ses sept courts versets (l’ensemble est de longueur à peu près équivalente à celle du Notre Père) rappelant les éléments fondamentaux de la foi musulmane servent de validation de l’acte de la prière – aucune prière n’est valable sans leur récitation.

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Avr 282017
 

Source: Les auteurs gambadent entre les arcanes des textes fondateurs de l’islam tels deux lutins farceurs picorant ici et là des détails souvent insignifiants pour habiller le squelette d’un vœu pieux, ou l’image d’un islam bisounours, et détournant résolument le regard devant des événements majeurs mais dérangeants. Ils nous dépeignent un Allah bon papa qui aurait dicté tout un Coran pour, en majeure partie, répondre aux petits tracas de braves gens pris malgré eux dans le maelstrom de la création de la religion de paix, dont d’ignobles esprits rigides auraient, contre toute attente, fait la religion du jihad. Ou quelque chose comme ça.

On cherche en vain le moindre sérieux, la moindre cohérence étayée, dans ce petit fascicule qui voudrait au fond nous faire croire que les théologiens et juristes musulmans auraient à peu près tous été d’acariâtres méchants, alors que Allah, son doux prophète et ses compagnons attendrissants de piété et de doute (auxquels on ajoute quelques personnages historiques sélectionnés), auraient été d’aimables âmes pleines de compassion et de sollicitude pour l’humanité.

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Avr 282017
 

Source: Une amie me demandait l’autre jour si l’on peut «lire la charia» quelque part, si possible en français. Je me suis penché sur la question et je recommande cet ouvrage plus que tout autre – c’est une excellente introduction au droit musulman, à la fois bien structurée, complète mais concise, claire et honnête. Et c’est exceptionnel.

Son auteur, de langue maternelle arabe, de culture chrétienne, qui est né et a grandi dans l’islam, a consacré plusieurs décennies à l’étude de ce sujet – il a parcouru tous les pays musulmans du monde, en long et en large, notamment pour y acquérir des ouvrages de droit musulman pour la bibliothèque de l’Institut suisse de droit comparé, où il a été responsable du droit arabe et musulman de 1980 à 2009. Le droit, mais codifié, à l’occidentale, est également le socle de sa formation – il est docteur en droit suisse. Par ailleurs, il est l’auteur d’une (ou plutôt de la seule) édition critique du Coran en arabe (Koran in Arabic in chronological order: Koufi, Normal and Koranic orthographies with modern punctuation, references to variations, abrogations and … meaning, linguistic and stylistic mistakes) et a traduit le Coran en français (Le Coran: texte arabe et traduction francaise: par ordre chronologique selon l’Azhar avec renvoi aux variantes, aux abrogations et aux ecrits juifs et chretiens), en anglais (The Koran: Arabic text with the English translation: in chronological order according to the Azhar with reference to variations, abrogations and Jewish and Christian writings) et en Italien (nouvelle édition à paraître prochainement). Ces éléments en font l’un des meilleurs spécialistes vivants du sujet.

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Avr 282017
 

Source: Cet ouvrage de 1958, réédité dans les années 1990, est hélas pratiquement introuvable hors du Liban. C’est une lacune grave, car les informations qu’il réunit sont urgemment nécessaires en Occident, pour comprendre l’attitude que les textes fondateurs de l’islam incitent les musulmans à adopter envers les juifs et les chrétiens.

L’auteur commence par rappeler les circonstances de la fable fondatrice de l’islam qui ont formé les bases légales réglant le statut des non-musulmans tolérés comme tels dans l’islam. Le Coran et la tradition de Mahomet donnent des instructions contradictoires à ce propos. Certains versets coraniques semblent les louer et reconnaître leur qualité. Et on attribue à Mahomet la conclusion d’accords de bon voisinage avec des communautés chrétiennes, notamment à Najran. Mais d’autres versets, considérés comme plus tardifs, menacent et maudissent juifs et chrétiens (voir notamment 9.29-31), des hadiths indiquent que Mahomet aurait ordonné, sur son lit de mort, de ne laisser subsister aucune autre religion que l’islam en Arabie, et diverses versions d’un pacte dit de Omar réglant les relations avec les «dhimmis» à leur très net désavantage nous sont parvenues.

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