Juil 292017
 

Source Publié samedi 29 juillet 2017 à 12:52.

La police allemande fait état de «motivations religieuses» mais rappelle que le demandeur d’asile débouté était «psychologiquement instable». En Allemagne, la polémique sur l’accueil des réfugiés reprend.

L’homme de 26 ans qui a tué au couteau une personne et en a blessé plusieurs autres vendredi à Hambourg en Allemagne était connu de la police comme «islamiste», a révélé samedi le ministre de l’Intérieur de la ville.

«Il était connu comme islamiste mais pas comme jihadiste» des services de sécurité, a déclaré à la presse Andy Grote, soulignant qu’il était considéré comme «un cas suspect» suite à «des éléments montrant une radicalisation» religieuse. Le ministre de la ville-Etat du nord de l’Allemagne a fait état, à ce stade de l’enquête, de «liens avec des motivations religieuses, islamistes» pour le passage à l’acte.

Mais dans le même temps, il a fait état d’une «instabilité psychologique» de cet homme originaire des Emirats arabes unis. Au final la situation reste «confuse» et il n’est pas encore possible de savoir «lequel des éléments a constitué l’élément déclencheur», a souligné Andy Grote.

La veille, l’assaillant avait attaqué des gens qui faisaient leurs courses ou se promenaient dans une rue très commerçante d’un quartier du nord de Hambourg. Selon la police, il a pénétré dans un supermarché, a volé un couteau de cuisine avec une lame de 20 centimètres et s’est jeté sur un homme de 50 ans en le poignardant mortellement. Il a ensuite blessé deux autres clients à l’intérieur du magasin puis a pris la fuite dans la rue, où il a blessé à coups de couteau d’autres passants.

Demandeur d’asile débouté

Le maire de Hambourg, Olaf Scholz, a révélé que l’auteur de ce qu’il a dénoncé comme un «attentat odieux» était un demandeur d’asile débouté, qui n’avait pu être reconduit à la frontière faute de documents en règle. «Il s’agit manifestement d’un étranger en instance de départ mais qui ne pouvait pas être expulsé parce qu’il n’avait pas de documents d’identité», a-t-il regretté. Son foyer de migrants a été perquisitionné par la police.

Une information qui n’a pas manqué de relancer la polémique sur l’accueil des réfugiés en Allemagne. En décembre, une attaque au camion-bélier contre le marché de Noël à Berlin  avait fait 12 morts. Elle avait été commise par un Tunisien, Anis Amri, qui était dans une situation juridique identique: un demandeur d’asile débouté autorisé à demeurer en Allemagne car sans papiers. La Tunisie n’avait pas reconnu durant des mois qu’il était l’un de ses ressortissants.

Tour de vis
Le gouvernement allemand a depuis durci les règles en facilitant les expulsions de migrants considérés comme dangereux par la police et en renforçant leur surveillance. Mais le maire de Hambourg réclame désormais un nouveau tour de vis. «Ceci montre à quel point il est urgent que ce type d’obstacles pratiques et juridiques aux expulsions soient levés», a-t-il dit.

Le débat autour des migrants, qui a empoisonné longtemps Angela Merkel suite à sa décision controversée d’ouvrir les portes du pays à plus d’un million de réfugiés en 2015, risque donc de ressurgir. Et ce alors que la chancelière conservatrice pensait en être débarrassée à l’orée des élections législatives du 24 septembre.

Une aubaine pour les nationalistes
En perte de vitesse depuis des mois, la droite nationaliste allemande de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), qui dénonce l’arrivée de migrants musulmans dans le pays, s’est engouffrée dans la brèche après Hambourg. L’une de ses responsables, Beatrix von Storch, a estimé que l’attaque «était liée à l’islam». «Essayez enfin de comprendre», a-t-elle twitté à l’adresse d’Angela Merkel.

Selon les médias allemands, l’agresseur de Hambourg était connu des autorités pour des liens avec les milieux salafistes. Et pour le journal Bild beaucoup d’éléments «pointent en direction de l’islamisme».

«Le meurtrier a frappé au cœur de notre vie quotidienne, au moment où les gens faisaient leurs courses», a écrit le journal. «La réalité est qu’il y a des gens qui cherchent à terroriser notre société, à détruire notre sentiment de sécurité».

Mais le Spiegel souligne aussi qu’il souffrait de problèmes psychologiques et se droguait. Ce qui laisse des zones d’ombre sur ses motivations. La police dit enquêter «dans toutes les directions».

  One Response to “L’agresseur de Hambourg était connu comme «islamiste»”

  1. J’aime bien la photo ! La paix de “Peace and love” en drapeau ! Pourquoi ne pas dessiner le drapeau islamique à côté, pour glorifier le vivre-ensemble ?
    Je comprends mieux les allemands qui se sont servis de chaises pour attaquer l’attaquant, déséquilibré au demeurant.
    Les autorités allemandes commencent à faire des distinguos entre djihadistes et islamistes. Un djihadiste est un islamiste qui est passé à l’acte. Avant, ce n’est qu’un islamiste, un quidam comme un autre qui jouit de tous ses droits, même quand il doit quitter le territoire. La justice doit se montrer humaine ! De toute manière, la victime n’est plus là pour se plaindre.
    Les simples blessés pourront se contenter : déjà, ils ne sont pas morts. Que demander de plus ?

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