Mai 192017
 

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La Mecque, la célèbre cité sacrée de l’islam où se trouve la non moins célèbre “Ka’bah”, vers laquelle affluent tous les pèlerins musulmans du monde, n’est mentionnée dans le Coran qu’une seule fois (sous la forme “makkah”), au verset 24 de la sourate 48, dont voici la traduction littérale :
وَهُوَ الَّذِي كَفَّ أَيْدِيَهُمْ عَنْكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ عَنْهُمْ بِبَطْنِ مَكَّةَ مِنْ بَعْدِ أَنْ أَظْفَرَكُمْ عَلَيْهِمْ وَكَانَ اللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرًا
c’est lui qui a écarté leurs mains de vous et vos mains d’eux dans le ventre de makkah après vous avoir fait triompher sur eux et fut allah dans ce que vous oeuvrez, observateur

Cette sourate numérotée 48 dans le Coran que nous avons aujourd’hui entre les mains, est d’un point de vue de rédaction chronologique, la sourate 111 sur les 114 du Coran, soit une des dernières sourates. Selon la plupart des chercheurs, comme Sami El Deeb – elle n’a pas été rédigée à La Mecque mais à Médine.
Mais que peut bien signifier “ventre de makkah” ? Et qui nous prouve qu’il s’agit bien – dans cette expression – de la cité appelée aujourd’hui “La Mecque”, en tant que nom propre avec l’article défini ?
“Mekkah” vient de “mak”. C’est un mot commun construit sur la racine “MK” et qui signifie en hébreu et en araméen : “creux”, “bas”, “abaissé”, “affaissé”, “fondation”, “base”, “soubassement” etc… Ce n’est donc pas le nom d’une ville mais tout au plus une description d’un site situé “en bas”.
Il est intéressant de remarquer que dans le Talmud, l’emplacement du Sanctuaire de Jérusalem est désigné comme “Le nombril du monde” et “La roche de fondation” ! Le nombril est en principe l’endroit le plus creux et profond du ventre. Tandis que “Roche de fondation” indique bien qu’il faut d’abord creuser pour bâtir un édifice !
Et si “mekkah” signifie “creusement”, “soubassement”, serait-ce que ce terme désignait à l’origine l’endroit où la roche fût creusée pour les fondations sur lesquelles fût bâti le Temple de Jérusalem ? Se pourrait-il que, bien plus tard et une fois l’islam triomphant, le sens premier de “mekkah” fut biaisé par les exégètes musulmans, pour le transposer au Hedjaz, là où vivait la tribu de Qoraïsh de Muhammad ? D’autant plus qu’il n’y a, dans toute la littérature arabe préislamique, de quelconque mention d’un lieu qui s’appellerait Mekkah !
Un autre verset du Coran (sourate 3, verset 96) évoque justement “la Maison du Sanctuaire” comme “dépression” et comme “vallée”, donc comme endroit “bas”.
إِنَّ أَوَّلَ بَيْتٍ وُضِعَ لِلنَّاسِ لَلَّذِي بِبَكَّةَ مُبَارَكًا وَهُدًى لِلْعَالَمِينَ
certes la première maison édifiée pour les gens celle à bakkah bénie et une guidance pour les mondes
Ce mot “bakkah” a été transcrit de manière défectueuse lors de son passage de l’hébreu à l’arabe. En hébreu, il s’écrit bak’ah (avec la gutturale ‘a), et signifie justement “vallée”, “val”, “dépression topographique”.
La “Ka’bah” est également mentionnée une seule et unique fois. Au verset 95 de la sourate 5 :
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَقْتُلُوا الصَّيْدَ وَأَنْتُمْ حُرُمٌ وَمَنْ قَتَلَهُ مِنْكُمْ مُتَعَمِّدًا فَجَزَاءٌ مِثْلُ مَا قَتَلَ مِنَ النَّعَمِ يَحْكُمُ بِهِ ذَوَا عَدْلٍ مِنْكُمْهَدْيًا بَالِغَ الْكَعْبَةِ أَوْ كَفَّارَةٌ طَعَامُ مَسَاكِينَ أَوْ عَدْلُ ذَلِكَ صِيَامًا لِيَذُوقَ وَبَالَ أَمْرِهِ عَفَا اللَّهُ عَمَّا سَلَفَ وَمَنْ عَادَ فَيَنْتَقِمُ اللَّهُ مِنْهُوَاللَّهُ عَزِيزٌ ذُو انْتِقَامٍ
ô et ohé ceux qui croient ne tuez pas de gibier alors que vous êtes en anathème et quiconque parmi vous en tue intentionnellement alors qu’il paie par semblable bétail de ce qu’il a tué d’après l’arbitrage décidé parmi vous et cela en offrande qu’il fera parvenir à la ka’bah ou bien comme expiation en nourrissant des pauvres ou par son équivalent en jeûne et cela afin qu’il goûte à son acte allah pardonne ce qui est passé mais quiconque récidive alors allah se vengera de lui et allah est puissant et doté de vindicte
La numérotation “5” de cette sourate sur la Ka’abah, tout comme la numérotation 48 de la sourate sur “La Mecque”, est trompeuse. Selon l’ordre chronologique, cette sourate est la 112ème, donc celle juste après celle ayant mentionné makkah, et une des dernières du Coran !
Mais que signifie “ka’bah” ? La plupart des philologues estiment que ce mot arabe n’est pas… en arabe ! C’est en fait la forme arabisée du mot grec “cube” (kubos), en usage pour désigner un dé. Car l’édifice de la “ka’bah” est cubique ! Mais il n’y a pas que l’édifice de la “ka’abah” qui soit cubique. Un autre édifice qui l’a précédé de plus de 1500 ans l’était également. Cet édifice est le “Saint des Saints” du Temple de Jérusalem ! Celui où nul n’avait le droit d’y pénétrer pour rendre un culte, hormis le Grand Cohen (descendant d’Aharon, le frère de Moïse).
Car si le “Saint des Saints” du Temple de Jérusalem était un “Lieu d’Adoration à Yahweh”, il était également un site “interdit”, “tabou”, de par sa sacralité, et un lieu d’anathème pour qui transgresserait cet interdit. Et cela, le rédacteur du Coran (qu’il soit Muhammad ou son scribe) l’a appris chez ses rabbins-mentors qui vivaient au Hedjaz.
Ce dont témoigne justement le Coran dans le nom octroyé à l’édifice le plus sacro-saint de Jérusalem, et que l’islam a ensuite transposé vers la “Mecque” d’Arabie saoudite : “el masjid el haram”.
La racine de “masgid” est SGD, une racine araméenne qui signifie “rendre un culte”. On retrouve d’ailleurs cette racine dans la cérémonie du “Sigd” des Juifs d’Ethiopie : une fois par an, les membres de la communauté des Juifs d’Ethiopie – nommés malencontreusement falashasalors qu’eux-mêmes s’appellent Beta Israël, donc Maison d’Israël – , se réunissent sur une montagne pour un cérémonial ou un culte d’adoration, le visage en direction du Sanctuaire interdit de Jérusalem.
L’expression “el masjid el haram”, communément et malencontreusement traduite en français par : “La mosquée sacrée”, n’a donc pas le sens qu’on lui a octroyé : “mosquée” pour “masjid” n’est pas une traduction, mais un calque phonétique. Et qui plus est défectueux, car il aurait fallu transcrire “mosgède” et non “mosquée”. Et “sacrée” pour “haram” est une interprétation, non pas une traduction. Il faudrait en fait traduire littéralement “el masjid el haram” par “le lieu d’adoration tabou” !
En conclusion, ni “La Mecque” et ni la “Ka’bah”, et encore moins la “Mosquée sacrée”, n’étaient à l’origine situées où elles se trouvent aujourd’hui. Le Coran, par ces termes, n’évoquait qu’un seul et unique endroit : Jérusalem, son Sanctuaire, et son “Saint des Saints” ! Et ce, jusqu’au jour où l’islam s’est “émancipé” du judaïsme et l’a ensuite supplanté.
Aujourd’hui, par un bizarre retournement des choses – dont l’origine est politique et dont l’objectif est la mainmise arabo-palestino-musulmane sur Jérusalem -, les musulmans ont replacé Jérusalem au centre de leurs préoccupations. Et en cela ils sont redevenus fidèles au Coran qui a presque tout emprunté au judaïsme rabbinique.
 Posted by at 11 h 32 min

  6 Responses to “David Belhassen – Où se trouve ‘La Mecque’ selon le Coran?”

  1. Initialement, en effet, la prière se faisait en direction de Jérusalem !

    • Pas sûr du tout… Si le Coran mentionne le changement de qibla (Al-Baqarah 142-145), jamais il n’indique la première direction abandonnée, et l’islam ne l’identifie à Jérusalem (qui n’apparaît nulle part dans tout le Coran) qu’au tournant de son troisième siècle. Dan Gibson relève sur le terrain que la qibla des mosquées du tout début de l’islam étaient tournées vers Petra ; l’orientation vers La Mecque ne sera introduite qu’au second siècle de l’islam pour se généraliser au siècle suivant. Dan Gibson avance qu’après la révolte d’Abdallah ibn al-Zubayr contre les Omeyyades il s’agissait d’éloigner la qibla du centre de leur pouvoir (Damas). Je le trouve assez convainquant.

      • Le coran était à l’origine le livre liturgique d’une secte juive les “judeo-nazareens” avant les rajoute des scribes aux ordres des califes . D’apres les trouvailles de plusieurs chercheurs dont le Père Gallez , les débuts de l’islam sont localisés du côté de la Syrie ( d’ou vient la tribu des kouraichites celle de Mahomet) et non la Mecque qui n’existait pas à cette époque , sur aucune carte .La ville de la Mecque est située dans une zone hostile et désertique , il est très peu probable qu’à l’époque une grande ville cosmopolite puisse y être érigée. À l’origine il existait de nombreux coran que le calif Othman fit brûler pour imposer SA version dite ” d’Othman”. Cette religion islamique est une invention montée de toute pièce par les califes arabe dans le but de s’opposer au monde chrétien ainsi qu’aux juifs bien qu’ils en sont très proches .

        • Les travaux extrêmement prolifiques des 30 dernières années sont désormais connus et se popularisent de plus en plus. Ils ont non seulement prodigieusement enrichi notre connaissance de ce bricolage tourmenté mais nous ont en outre offert des arguments incontournables pour le démonter, pièce après pièce. Même s’il y a encore quelques divergences peu notables, mais intéressantes et sources d’émulation (par exemple le père Gallez situe le foyer de l’islam à Lataquié quand Gibson le situe à Petra), il peut être tenu pour absolument certain désormais que le proto-islam trouve bel et bien son origine en Arabia Petraea mais en aucun cas en Arabia Deserta. À cette abondance de preuves, les musulmans n’ont et n’auront jamais rien, absolument rien, à opposer. Le temps fera son œuvre…

          • On a quand-même à faire à des gens extrêmement crédule, si tu leurs prouve par A+B que c est rouge ils te diront gris , par crainte des châtiments d’Allah dans doute…

          • C’est vrai… Mais sachant que les réflexes pavloviens et l’esprit grégaire ne concernent pas que les musulmans ni, plus généralement, la religiosité, la tâche ne devrait pas être moins difficile qu’avec l’occidental moyen soumis aux mécanismes abrutissants de fabrication du consentement d’une incessante ingénierie sociétale et qui persiste à croire à peu près tous les paradigmes officiels en dépit des plus grandes évidences, même quand il croit les combattre.

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