Mai 182017
 

Source: Ce livre est une apologie de l’islam à l’occidentale, articulée ostensiblement autour du redressement de clichés, souvent caricaturaux («tous les Arabes sont musulmans», «on ne peut lire le Coran qu’en arabe», «n’importe qui peut devenir imam», «les soufis ne sont pas des vrais musulmans, car les musulmans sont fondamentalement violents»), auxquels l’auteur répond essentiellement par des sophismes, des louvoiements, des dissimulations, des versets coraniques «améliorés» ou hors sujet, des hadiths trompeurs et quelques affirmations trop péremptoires pour être honnêtes mais qu’on ne peut contrer qu’au terme de longues études. Si vous cherchez de quoi meubler une conversation de café du commerce de manière à favoriser l’islamisation de l’Occident, c’est parfait. Si vous cherchez à comprendre l’islam et les ressorts des dangers qu’il semble receler, lisez plutôt Martine chez les Bretons, ou quelque chose comme ça. Vous n’en saurez pas plus, mais vous n’aurez pas non plus de fausses idées supplémentaires à surmonter.

Tout au long de l’ouvrage, l’auteur joue avec les différents éléments d’information (contenu des textes fondateurs, jurisprudence musulmane, «histoire», linguistique, études sociologiques, sondages actuels, déclarations de personnalités, sentiments populaires) et les différentes focalisations sur le phénomène (fable du prophète, période abbasside, ottomane ou «andalouse», actualité, vision globale sur 1400 ans) pour dissimuler l’éléphant dans le salon.

Si le sujet est la peine de mort pour apostasie dans l’islam, on invoque le verset 2.256 «point de contrainte en religion» (c’est le cas trois fois dans ces 220 pages), mais sans en présenter les exégèses (Nulle contrainte dans la religion: Interprétation du verset coranique 2:256 à travers les siècles), pour affirmer que l’islam laisse l’entière liberté de croire, et on donne à penser qu’un seul petit hadith isolé fonde la peine de mort pour les apostats. En fait, dans l’islam, seul Allah force à croire, sous peine d’enfer éternel (10.4), et les musulmans n’ont à imposer que le culte, ou la soumission, sous peine de guerre et d’humiliation (8.38-39, 9.29-31). Et la peine de mort pour apostasie est fondée sur les nombreux versets coraniques qui condamnent les mécréants endurcis à être combattus sur cette terre puis à rôtir en enfer ainsi que sur une bonne douzaine de hadiths très explicites. Si cette peine a fait consensus plus de mille ans durant dans toutes les écoles, ce n’est pas à l’encontre du coran et du hadith. Il faut vraiment avoir une opinion très bizarre des musulmans pour croire que tous ceux qui ont étudié ces textes des décennies durant les ont mal compris. Et tous de la même manière. Sur des dizaines de générations et plusieurs continents.

Si le sujet est la soumission aveugle, on vous enfume avec de l’arabe de cour de récréation: «D’un point de vue étymologique, «islam» vient de l’arabe s-l-m qui signifie ‹être sain, en bonne santé›, et ‹être en paix› (…) si l’on traduit en arabe le terme français de ‹soumission›, on n’emploiera certainement pas ‹islam› mais plutôt ‹khudû’›.» En fait, s-l-m est une simple racine trilittérale dont les formes complètes peuvent revêtir des sens très variables et si vous cherchez la définition de ‹islam› (إسلام) dans un dictionnaire d’arabe, vous obtiendrez ‹khudû’ à Dieu› (الخضوع لله) – l’islam est la soumission à Dieu, tout simplement. Et ce Dieu exige un culte très lourd et répétitif. Il vous impose notamment de répéter au moins 17 fois par jour la première sourate du Coran, toute votre vie. Et les soufis, sur lesquels l’auteur dévie la réflexion, ne l’ont jamais remis en question, au contraire – pour eux ce n’est pas encore assez.

Si le sujet est l’imam, on tentera de vous instiller la certitude que le problème central, en France, est le manque de formation, d’encadrement, et que les fédérations et associations musulmanes font un excellent travail dans ce sens. Le fait que nous ayons ainsi les meilleures chances de voir resurgir les éléments problématiques qui ont pu faire consensus pendant plus de mille ans sans contestation dans le monde musulman est soigneusement éludé. Ou alors on fait allusion à cette splendide réussite qu’aurait été l’Andalousie The Myth of the Andalusian Paradise: Muslims, Christians, and Jews Under Islamic Rule in Medieval Spain.

Si le sujet est le martyre, le terrorisme, la violence et la guerre, on néglige les nombreux versets qui promettent aux jihadistes suicidaires le pardon immédiat et total (9.111, 9.20-22, 8.74, 22.58-59) et les centaines d’autres (et autant de hadiths) qui règlent le jijad dans la charia (Le jihad dans l’islam: Interprétation des versets coraniques relatifs au jihad à travers les siècles), et on présente les guerres incessantes de Mahomet et de ses compagnons comme de simples nécessités défensives et minimales – bref l’islam prône la vie, la paix, la liberté. Et on ne trouvera nulle part dans ce fascicule comment cette romance a pu motiver les musulmans à apporter la guerre jusqu’en Espagne et en Inde. Sans doute des facteurs politiques ou sociologiques sans rapport avec la définition du jihad qu’a pu en donner le grand «philosophe» Averroès ici par exemple: The Distinguished Jurist’s Primer Volume I by Ibn Rushd (2000-09-01) (pp 454-487).

Si le sujet est la haine des juifs, on oublie que la prière standard du musulman implique de les dire l’objet de la colère divine au moins 17 fois par jour (La Fatiha et la culture de la haine: Interprétation du 7e verset à travers les siècles), que le Coran ordonne de les combattre et de les humilier (Le tribut (jizya) dans l’islam: Interprétation du verset coranique 113/9:29 relatif au tribut (jizya) à travers les siècles), et que le hadith sahih prévoit de les exterminer tous (Sahih Muslim Intégral en 6 volumes (Arabe-Français) n° 7335-7339 T6, pp 271-272). Non, on insiste pour les dire gentiment «protégés» jusqu’à une époque tout récente, où hélas le conflit israélo-palestinien… air connu.

Si le sujet est la femme, on va pousser l’anachronisme jusqu’à invoquer la grande liberté dont jouissait la première épouse de Mahomet sans rappeler qu’elle est décédée avant l’entrée en vigueur de la loi musulmane. On va oublier des dizaines de hadiths concordants et tordre des versets coraniques pour expurger tout ce que l’intégralité des juristes musulmans y a trouvé pour légitimer le voile obligatoire (Le voile dans l’islam: Interprétation des versets relatifs au voile à travers les siècles). On va omettre que le verset coranique justifiant le mariage des filles impubères (65.4) autorise aussi explicitement à les déflorer (et les répudier) dans cet état, tout en contestant l’âge de Aïcha (6 ans lors de son mariage), la deuxième épouse de Mahomet, pourtant établi en toutes lettres dans les recueils de hadiths les plus respectés. On va présenter les témoignages historiques faisant état de femmes dansant et chantant pour de grands personnages musulmans en omettant de préciser que toutes étaient esclaves et que les épouses de ces personnages étaient voilées et enfermées chez elles. Et on va même falsifier le verset coranique 4.34 (page 137) pour en faire disparaître l’ordre de frapper les épouses dont on craint la désobéissance (Frappez les femmes: Interprétation du verset coranique 92/4:34 à travers les siècles).

Ceci pour ne donner que quelques exemples, vraiment.

Notons encore seulement qu’à la page 40, nous apprenons que les sunnites «représentent les neuf dixièmes des musulmans. Les chiites représentent environ 8% du total des musulmans.» Mais à la page 54, nous découvrons que les «sunnites sont largement majoritaires – de 87 à 90% — et les chiites une minorité assez importante – de 10 à 13%.» Je n’ai pas contrôlé les chiffres fournis ailleurs dans cet ouvrage, mais il y a probablement des surprises à ce niveau aussi. Bref, ce livre, plus on le lit, avec crédulité s’entend, moins on en sait.

  3 Responses to “Un recueil de toutes les absurdités que nous sommes priés d’avaler sur l’islam de nos jours”

  1. La taqiya à l’oeuvre ! On a compris que c’était un argumentaire prémâché pour musulman de café du commerce qui cherche à s’en tirer à bon compte face à des gogols qui l’interrogeraient sur le cepaçalislam et les bienfaits du padamalgam.
    Merci Alain Jean-Mairet pour cette note de lecture.

  2. Depuis les élections française faussées par les merdias et les politiciens véreux, tous plus ou moins idiot utiles je n’écoute guère les infos, sauf lorsque je suis en voiture. Il y a peu de jour sur France-info, une journaliste S-spézialist dans l’islam déclarait que l’apostasie n’était punie que dans l’au-delà.

    Bon, j’ai mis de la musique afin de me changer les idées. La propagande va bon train, il faut habituer le zouaille croyant et non-croyant à aimer l’islam et ses pervers.

    http://www.blog.sami-aldeeb.com/2014/09/03/lislam-ce-nest-pas-ca-lislam-cest-quoi-alors/

    Réponse: un concept à combattre ou à interdire. Nos gamins ne savent pas ce qui les attendent…..

  3. Pour ceux qui souhaitent vérifier les références au Sahih Muslim sur internet:
    Sahih Muslim (en anglais), hadith 2921a (b,c,d…)=Livre 54 ‘Le livre des Épreuves et des signes de la Dernière Heure’, hadith 101 et s.=anc.ref. livre 41, hadith 6981 et s. :
    – ou encore: Sahih Muslim (extraits), (anc.ref.) livre 41, hadith 6981 et s.

    Je profite de l’occasion pour citer Sami Aldeeb (“Vision critique des textes fondateurs de l’islam coran et sunnah”:
    Avertissement important aux lecteurs du Coran
    “Le Coran comporte, directement ou indirectement par le biais de la Sunnah de Mahomet que ses adeptes doivent suivre, des normes contraires aux droits de l’homme tels qu’ils sont reconnus dans les documents internationaux aujourd’hui. J’invite donc les lecteurs à le lire avec un esprit critique et à le placer dans son contexte historique, à savoir le VIIe siècle. Parmi les normes qui violent les droits de l’homme, que les lois des pays arabes et musulmans prévoient, et que les mouvements islamistes voudraient appliquer, en tout ou en partie, je signale, à titre d’exemples non exhaustifs, les éléments suivants:
    – L’inégalité entre les hommes et les femmes dans le mariage, le divorce, l’héritage, le témoignage, les sanctions et l’emploi
    – La non-reconnaissance de la liberté religieuse, en particulier la liberté de changer de religion
    – L’exhortation à combattre les non-musulmans, à occuper leurs pays, à imposer aux non-musulmans le paiement d’un tribut (jizya) et à tuer ceux qui ne suivent pas les religions monothéistes
    – L’esclavage, la capture des ennemis et l’appropriation de leurs femmes
    – Les sanctions cruelles comme la mise à mort de l’apostat (qui abandonne l’islam), la lapidation de l’adultère, l’amputation des mains du voleur, la crucifixion, la flagellation et la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent)
    – La destruction des statues, des peintures et des instruments de musique et l’interdiction des arts”

 Leave a Reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.