Avr 192017
 

Un lecteur qui a acheté la version pdf de ma traduction française du Coran https://goo.gl/wIXhhN m’écrit:

J’ai pour le moment lu les 50 premières pages du pdf que vous m’avez envoyé. Effectivement, vous avez la même analyse que Mr SFAR, mais votre angle de présentation est différent. Vos livres sont complémentaires, c’est très intéressant.

Je prends des notes au fur et à mesure, si j’ai des remarques ou des questions à vous poser, je vous enverrai un mail le cas échéant.

Après avoir lu les 30 premières sourates dans l’ordre chronologique, il y a quand même une très forte présence de l’enfer qui est cité dans quasiment chaque sourate, et qui est utilisé pour faire des menaces d’une certaine violence symbolique. Le Coran post-hégire a des menaces concrètes et réelles envers les mécréants et les musulmans fornicateurs par exemple, ce qui est le terreau de l’extrémisme et du takfirisme. Cependant, même le Coran mecquois peut pousser à l’extrémisme, car des musulmans pourraient vouloir convertir le maximum de personnes à embrasser l’islam pour leur faire éviter l’enfer, destination éternelle de tous les mécréants. C’est exactement ce qu’il s’est passé avec le christianisme. Malgré le fait que Jésus soit contre la loi du talion, contre la lapidation, pour la séparation des religions et de l’état (rendre à César ce qui est à César et rendre à Dieu ce qui est à Dieu), vu que Jésus est d’après le catholicisme la seule voie vers le salut (« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Saint Jean 14, 1-6), des gouvernements chrétiens ont eux aussi décidé de convertir des peuples entiers pour sauver leurs âmes. Bien sûr, il y avait d’autres intérêts (politiques, économiques, sociaux), mais de nombreux prêtres étaient sincères dans leur démarche.

À mon sens, même la première partie du Coran peut amener à l’extrémisme comme le christianisme l’a fait pour le passé, car le Coran indique bien qu’il faut être dans la voie du Dieu décrit dans le Coran pour être sauvé. Et que convertir des peuples leur sera bénéfique et nécessaire sur le long terme, de la même façon que le christianisme a agit auparavant. Dès les premières sourates (dans l’ordre chronologique) il est dit que le mécréant va aller en enfer (la géhenne est présente dès le troisième verset dans l’ordre chronologique), et chaque sourate fait au moins mention une fois du terme de pécheur, ou mécréant, ou autre terme synonyme d’être humain pas dans la voie de Dieu (tel qu’il est défini dans le Coran). La peur de l’enfer peut rendre fou et pousser à l’extrémisme le plus primaire.

Bref, je me rends compte que le Coran de la Mecque est moins pacifique que ce que j’en avais lu, avec une énorme emphase sur l’enfer.

Ce n’est pas la première fois que je suis surpris d’un livre sacré. Par exemple, on entend souvent du bien de Moïse, et pourtant, il est marqué dans l’Exode 32, 27-29 : “Moïse leur dit : « Voici ce que le Seigneur, Dieu d’Israël, commande : “Chacun de vous va prendre son épée. Vous passerez et repasserez dans le camp, d’un bout à l’autre. Vous tuerez vos frères, vos amis, vos voisins !” » Les lévites obéissent à Moïse, et 3 000 Israélites environ meurent ce jour-là. Alors Moïse dit aux lévites : « Aujourd’hui, vous avez été consacrés au service du Seigneur. En effet, vous n’avez pas hésité à tuer même vos fils ou vos frères. Que le Seigneur vous accorde donc sa bénédiction aujourd’hui ! ».”

On est à la limite de la psychopathie. Juste pour avoir eu une pensée non conforme, Moïse ordonne le massacre de 3000 Hébreux qu’il aurait fait sortir d’Égypte juste parce qu’ils auraient fait une idole, le veau d’or. Et ces criminels recevraient en plus la bénédiction de Dieu. Il y a à mon sens une inversion des valeurs totale dans les livres sacrés à certains passages, et ces passages sont à l’origine de peur et d’inversion de certaines valeurs. On érige quand même le fait de tuer sa famille comme étant digne de recevoir l’amour de Dieu. La Thora, tout comme le Coran, présentent malheureusement le fait que l’on peut tuer pour Dieu et recevoir sa bénédiction. C’est pareil pour Abraham, qui accepte de tuer son fils pour Dieu. Pourquoi tuer pour Dieu serait une bénédiction ? Tuer et créer de la peur pour recevoir une bénédiction qui est de l’amour, ça n’est pas logique. Seules des personnes vivant dans la peur et le non-amour d’elles-mêmes au point de vouloir tout faire pour avoir la bénédiction d’une quelconque instance ou personne peuvent être convaincues que tuer peut amener de l’amour.

Enfin bon, je m’égare. Je serais pour ma part plutôt partisan d’un Dieu d’amour inconditionnel, qui me semble être plus logique et moral qu’un Dieu à l’amour conditionnel (Dieu ne donne son amour et sa bénédiction que sous certaines conditions, qui seraient listées dans les livres sacrés).

Je vous souhaite une bonne continuation dans vos recherches.

Cordialement,

François

Réponse de Sami Aldeeb:

Merci de votre message… 

Avec le Coran mecquois, Mahomet n’a pu convertir qu’une centaine de personnes.

Ce n’est que lorsqu’il s’est allié aux brigands, a échangé sa prédication par l’épée et a pu promettre des avantages matériels que les gens se sont convertis. Et c’est le thème du Coran médinois.

En fait, mon but est de faire découvrir “aux gens normaux” comment le Coran s’est transformé – ce qu’on ne voit pas avec l’édition habituelle, et “aux adorateurs de Mahomet” que leur livre est confus. Rien qu’en leur démontrant qu’on peut lire le Coran autrement, obligera ses derniers à réfléchir.

Vos autres remarques sur mon édition me seront très utiles.

Bonne journée.

 Posted by at 17 h 45 min

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