mar 022013
 

Source: S’agit-il d’un retour en « force » des extrémistes en Algérie? Dans les années 90, on se souvient des « fetwas » lancées par des chouyoukhs de l’ex-FIS dissous, lesquelles appelaient les Algériens à ne plus utiliser les frigos et les télévisions car ils sont considérés comme un pêché.

Aujourd’hui, le même scénario s’est reproduit, cette fois au marché communal d’El Biar où des jeunes barbus n’ont pas hésité à distribuer des livres et des tracts appelant les Algériens à ne plus recourir aux blagues, les télés et les frigos pour que Dieu les bénisse et leur épargne les châtiments de l’enfer.

Ce qui s’est passé, durant ce week-end, au marché d’El Biar est une sonnette d’alarme qui prédit un retour en force des extrémistes en Algérie. En effet, plusieurs citoyens, femmes et hommes et même des enfants, ont reçu des livres et tracts distribués par des fanatiques au marché communal d’El Biar.

De jeunes barbus, dont l’ âge varie entre 25 et 45 ans, se sont « déployés » tôt le matin du jeudi et vendredi passés, au marché d’El Biar, pour interpeller les citoyens sur les pêchés de la vie, tout en leurs donnant des livres et tracts appelant à renoncer à utiliser des frigos, des télés et des blagues.

Dans ces livres et tracts il est indiqué que chaque citoyen recourant à ces « pêchés » sera châtié par le Dieu le Tout Puissant. Des versets coraniques qui, selon ces salafistes, interdisent ces pêchés sont, également, indiqués dans ces tracts. Beaucoup de citoyens d’El Biar ont accepté de prendre avec eux ces tracts, cela par simple curiosité. Alors que du côté des services de sécurité personne n’a osé interdire la distribution des tracts par ces extrémistes.

Ce qui est inquiétant dans cette histoire c’est le mode opératoire par lequel ces gens ont agi. Cela nous ramène tout droit aux années 90, la période où l’ex-FIS dissous avait utilisé la même méthode afin de convaincre les Algériens sur l’interdiction d’utiliser des télés et frigos, ou alors les blagues. On se souvient tous des prêches de l’ex-dirigeant de l’ex-FIS, Mohamedi Said (l’un des leaders du l’ex-parti islamiste tué par l’ex-GIA).

Cet homme avait appelé, lors d’un prêche du vendredi à la moquée Ibn Badis, à Kouba, les Algériens et Algériennes à ne plus utiliser les frigos et télés, tout simplement, parce que ces produits sont interdits par l’Islam.

On se souvient, également, des tracts distribués par les terroristes dans les quartiers algérois à l’instar des autres régions du pays, toujours durant la période de la décennie noire, dans lesquels ils appelaient les citoyens à renoncer aux mêmes produits et d’utiliser les produits traditionnels.

Ce retour inquiétant des extrémistes en Algérie coïncide, faut-il le rappeler, avec la montée de l’extrémisme en Tunisie, en Libye et au Maroc et Mauritanie. Le Maghreb est en passe de devenir un grand espace pour les extrémistes. Ces derniers veulent à tout prix prendre le Grand Maghreb arabe pour gagner d’autres régions du monde arabe.

Ce qui est en train de se passer en Tunisie est une preuve solide de cette montée des extrémistes au Maghreb. Au pays du Jasmin, les extrémistes sont arrivés à se doter d’armes de guerre. Il ne se passe pas un seul jour sans que les Tunisiens enregistrent de nouvelles « fetwas » émanant des islamistes tunisiens. Des « fetwas » sur le mode de vie et sur l’utilisation de l’Internet que les Tunisiens sont appelés bannir. En Algérie, ça commence à bouger.

Non seulement, les extrémistes ont eu l’idée de distribuer des tracts aux citoyens, mais à de l’Est du pays, des rassemblements clandestins entre islamistes fanatiques avaient eu lieu dans diverses mosquées, selon des sources sécuritaires. Les mêmes sources révèlent, aussi, que ces rassemblements ont réuni plusieurs islamistes (parmi lesquels des repentis) venus des quatre coins du pays, en compagnie de leurs familles.

LES PRISONS FAVORISENT LA PROPAGATION DE L’EXTRÉMISME

La montée progressive des extrémistes en Algérie est aujourd’hui vérifiée. A l’instar sur ce qui s’est produit, durant ce week-end à El Biar, les prisons algériennes sont, faut-il le rappeler, un véritable réservoir pour les extrémistes. C’est une réalité confirmée par Kamel Rezag Bara, conseiller à la présidence de la République (voir notre édition du 28 février passé).

Selon lui, le milieu carcéral a favorisé la propagation de l’extrémisme religieux. « C’est dans les milieux pénitentiaires que nous avons observé l’extension de formules et dérives qui entraînent un certain nombre de jeunes vers un extrémisme violent à partir d’une vision ou d’une interprétation fausse du message religieux » avait-il expliqué lors d’un point de presse animé à Alger. Cette déclaration officielle confirme, également, que l’extrémisme religieux est toujours menaçant en Algérie.

Les prisons algériennes ont été de tout temps un réservoir humain, par le biais duquel les groupes terroristes ont pu embrigader plusieurs recrues. Souvent de jeunes prisonniers ayant été condamnés dans des affaires liées à la criminalité, égarés dans leur vie, ces derniers ont été recrutés par les terroristes pour les utiliser dans des attentats criminels.

Des exemples à la pelle sont à déplorer. Depuis l’année 1990 et jusqu’à aujourd’hui, des centaines de jeunes prisonniers, si ce n’est plus, ont regagné les maquis après avoir été soumis à un « lavage de cerveau » de la part de gens entraînés pour ce genre de missions. Il est grand temps, aujourd’hui, pour que l’Etat réagisse rapidement avant que la situation ne soit difficile à maîtriser.
Sofiane Abi

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