Source: L’abattage rituel, notamment représenté par les viandes dites Halal et Casher[1] pour les communautés respectivement musulmanes et juives ne cesse de progresser en France. De plus en plus de supermarchés, de restaurants, de transformateurs agro-alimentaires… proposent ce type de viande, mais à quel prix ? Sous couvert du droit de s’alimenter selon son culte, ces méthodes d’abattage finalement peu connues révèlent un business florissant et une cruauté inacceptable envers le vivant.
Dans les pays de l’Union européenne, c’est la Directive 93/119/CEE du Conseil qui définit les normes en matière d’abattage : « D’une façon générale, on doit éviter aux animaux toute excitation, souffrance ou douleur inutiles lors de leur transport, hébergement, immobilisation, étourdissement, abattage ou mise à mort. Les abattoirs doivent être construits et équipés de manière à respecter cette exigence. Le personnel d’abattage doit posséder les compétences, capacités et connaissances professionnelles requises. Les animaux doivent être étourdis avant l’abattage ou immédiatement mis à mort. »[3]
Une souffrance animale inacceptable
L’abattage rituel, est un abattage industriel, avec ses cadences inadmissibles et sa maltraitance continue envers l’animal, le tout sans étourdissement préalable.
est tout à fait ridicule« .
Vidéo de l’enquête GAIA dans des abattoirs de Belgique qui pratiquent l’abattage rituel Halal © GAIA
- « Les images de ces pauvres bêtes étouffant et souffrant pour rien ne peuvent que révolter un homme en général et un vétérinaire en particulier, habitué qu’il est à diminuer la douleur de ses patients grâce aux anesthésiques et antalgiques. » (Président du Syndicat des Vétérinaires de la Région Paris Ile-de-France, décembre 2010).
- « Les vétérinaires demandent le recours à des méthodes permettant de mettre un terme à la longue agonie des animaux égorgés lors des abattages rituels » (Motion du Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral, octobre 2010).
- « Du point de vue de la protection des animaux et par respect pour l’animal en tant qu’être sensible, la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances » (Fédération des vétérinaires d’Europe en 2006[7]).
- En 2004, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) émettait un avis[8] selon lequel « en raison des graves problèmes de bien-être animal liés à l’abattage sans étourdissement, un étourdissement doit toujours être réalisé avant l’égorgement ».
La banalisation de l’abattage rituel, notamment Halal, profite d’une complaisance du monde politico-médiatique et de l’Etat, sous couvert du respect des religions, en oubliant celui de la laïcité, de la santé et de la loi. Ainsi, depuis le 1er septembre 2010, la société Quick, dont l’Etat est actionnaire majoritaire via la Caisse des Dépôts et Consignations, a « décidé de pérenniser l’offre [exclusive] de produits à base de viande halal dans les 8 restaurants du test et de l’étendre à 14 nouveaux restaurants ». Objectif affirmé : « cette offre pouvait être une source de croissance intéressante. » En effet, une étude réalisée par l’agence Solis en décembre 2009 et publiée en janvier 2010 montre que la croissance annuelle du marché halal est de 15% et que son chiffre d’affaires pourrait atteindre 5,5 milliards d’euros en 2010…[12]. Notons qu’en Israël, McDonald ne vend que de la viande Casher. L’appât du gain n’a pas échappé aux grandes et moyennes surfaces qui proposent de plus en plus de viande Halal dans leur rayon boucherie. Bien d’autres exemples témoignent de la banalisation de l’abattage rituel Halal, y compris dans les organes de la République française pourtant laïque :
- repas de l’équipe nationale de France de football (sous R. Domenech) sans porc ;
- certaines écoles de la République proposent une viande Halal, comme à Strasbourg ou à Soissons;
- viande halal imposée aux salariés d’Air France;
- CRS qui mangent Halal à leur insu rapportait Le Figaro, mi 2010 ;
Soulignons enfin que chaque kilo de viande abattue selon les rites Halal ou Casher profitent à leurs représentants religieux. A ce titre, Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon déclarait : « Par kilo de viande, la certification halal coûte entre 10 à 15 centimes d’euros« [13], une manne financière non négligeable ! Dans le même temps, d’après les bilans établis par le Service de la statistique et de la prospective (SSP), la consommation française de viande de porc, considérée comme impure par les musulmans et les juifs est en recul[14].
La majorité de l’abattage en France serait rituel
Si l’étourdissement ne semble pas toujours appliqué correctement dans les abattoirs français comme en témoigne le procès de l’association L214 contre Charal, son absence est toutefois autorisée dans le cadre de dérogations liées à l’abattage rituel. En effet, l’abattage rituel nécessite que les animaux soient saignés alors qu’ils sont encore pleinement conscients. Par définition, une dérogation « constitue une exception dans l’application d’une règle d’origine contractuelle, légale, ou administrative ». Or, dans une lettre ouverte adressée au président de la République du 10 juin 2010, un regroupement d’associations de protection animale souligne qu’en France déjà 50 % des ovins sont égorgés conscients et donc sensibles à la douleur. Uneproposition de loi de novembre 2010, rejetée, indique même qu’en France, « entre 1/3 et 2/3 de la viande consommée, est issue de la filière certifiée d’abattage rituel, tandis que le nombre des consommateurs potentiels représente tout au plus 1/10e de la population française » (environ 7 millions de personnes). Pire, malgré les déclarations électoralistes et rassurantes d’importantes personnalités politiques, le rapport du Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER) affirme, au vu des chiffres de l’Unité d’audit sanitaire, que le pourcentage d’abattages rituels dans les abattoirs atteint 51 %. Et de conclure : « Il existe bien une situation fragile où l’abattage rituel pourrait devenir la norme au lieu de rester une pratique dérogatoire ». Nous ne pouvons donc plus parler d’ »exception ».
100% de l’abattage en Ile-de-France est halal
Plus pernicieux encore : une partie significative de la viande d’animaux abattus sans étourdissement préalable pour les boucheries juives et musulmanes, au lieu d’être effectivement destinée à ce marché, est finalement écoulée sur le marché global de la viande… Or, 72 % des français désapprouvent la dérogation permettant de ne pas étourdir les animaux avant leur abattage[15]. L’exemple de l’abattoir de Meaux, en Ile-de-France, est révélateur : depuis 2008, tous les animaux qui y entrent sont abattus sans étourdissement, selon l’abattage rituel, peu importe que les vaches soit destinées au marché religieux ou non[10]. On pourrait se rassurer en croyant à une exception, il n’en est rien : « ce que nous avons constaté après les 8 mois d’enquête ce que les 5 abattoirs qui fonctionnent en Ile-de-France, abattaient tous selon le rite musulman » (François Hallepée, directeur de la Maison de l’Elevage d’Ile-de-France)[10]. Malgré les démentis formels du monde politico-médiatique, la Chambre d’Agriculture d’Ile-de-France confirme: « l’Ile-de-France compte à ce jour 5 abattoirs dont un spécialisé dans la viande de porc. Les quatre autres abattent les cheptels exclusivement de manière rituelle : 100% de la viande abattue en Ile-de-France l’est selon les traditions musulmane et juive. Aucun choix n’est donné aux éleveurs franciliens qui doivent franchir les limites de la région pour bénéficier d’un abattage traditionnel. Leurs animaux doivent être transportés sur des centaines de kilomètres, abattus en province, les carcasses devant être rapatriées pour le conditionnement et la distribution en Ile-de-France. Quelle perte de temps et d’argent ! A l’heure des circuits courts, c’est un comble ! ». Au delà des pertes financières, un tel trafic est un non-sens environnemental.
Explications
« Par le passé, les abattoirs franciliens étaient gérés par les communes. Le désengagement des municipalités a vu peu à peu l’ensemble de l’abattage francilien confié à des opérateurs privés. Pour des raisons de simplification des process et poussés par la réduction des coûts, ces derniers se sont tournés vers un procédé unique d’abattage rituel, délaissant, de fait, la méthode traditionnelle, au mépris de la réglementation qui impose un ‘étourdissement’ préalable des animaux et avec le consentement coupable des services de l’Etat. » souligne la Chambre d’Agriculture d’IDF qui ajoute, cependant, que les abattoirs franciliens ne représentent qu’environ 2 % de la consommation francilienne de viande.
http://www.dailymotion.com/video/xovfrg_polemique-halal-les-consommateurs-doivent-ils-etre-mieux-informes-sur-le-mode-d-abattage-des-betes-l_newsPolémique halal : les consommateurs doivent-ils être mieux informés sur le mode d’abattage des bêtes ? : le « Débat » avec Frédéric Freund, directeur de l’OABA © RTL Un choix cornélien pour le consommateur et l’éleveur
Les bouchers et charcutiers sont également de plus en plus mal à l’aise : en septembre 2011, la Confédération Française des Bouchers et Charcutiers Traiteurs (CFCBT) se déclarait « résolument hostile à une extension, même contrôlée, de l’abattage sans étourdissement préalable ». Littéralement pris en otage, le consommateur a de moins en moins le choix : même en privilégiant de la viande issue de l’ »agriculture biologique« , à l’heure actuelle, rien ne garantit qu’elle ne soit pas issue d’un abattage rituel. Une nouvelle fois, les impératifs économiques et la pensée unique du monde politico-médiatique passent devant le respect du consommateur, la laïcité, la transparence et la santé.
Notes et références
- Dans l’islam, le mot « halal » désigne ce qui est permis par la loi divine. Dans le judaïsme, le mot « casher » a la même signification.
- Règlement (CE) N° 1099/2009du Conseil du 24 septembre 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort – Union européenne
- Législation en vigueur en vue de la protection des animaux lors de l’abattage- Commission européenne
- L’abattage rituel des animaux élevés ou détenus pour la production de viandes- OABA
- Code sanitaire pour les animaux terrestres- OIE
- Sauvés de l’Aïd !- One Voice
- Welfare of Animals at Slaughter and Killing, FVE/06/doc/033 Final 25/10/06 – FVE
- Summary of Opinion of the Scientific Panel on Animal Health and Welfare on a request from the European Commission related to welfare aspects of the main systems of stunning and killing the main commercial species of animals, 2004 – Autorité européenne de sécurité des aliments
- « La viande halal présente un risque sanitaire important » : rencontre avec un vétérinaire (Audio)- NovoPress
- Reportage d’Envoyé spécial du 16 février 2012 – France 2
- Bulletin de l’Académie Vétérinaire de France, 2008
- Bilan du test de vente d’une gamme de produits à base de viande halal- Quick
- [Halal] « Ce mot est complètement galvaudé »- Le Parisien
- Agreste Conjoncture ; Synthèses n° 2010/112; avril 2010 – Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche
- Les Français et l’étourdissement des animaux avant leur abattage – Sondage IFOP réalisé du 8 au 10 décembre 2009 sur un échantillon de 1015 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
- Sondage notre-planete.info, mars 2012, 3332 votants.
Auteur

Christophe Magdelaine / notre-planete.info – Tous droits réservés

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Vous n’avez pas honte de mentir ?
La qualité de la viande halal ou casher est bien meilleure, et pour avoir vu de mes propres yeux plusieurs abattages rituels authentiques (pas ceux qui s’en réclament tout en ne respectant pas l’éthique islamique et les procédés codifiés par l’islam à ce sujet), les animaux ne souffrent pas, et avant l’égorgement, ils sont apaisés (l’islam disant que chaque animal doit être abattu séparément, afin de ne pas l’effrayer), et un corps mort qui gesticule beaucoup n’indique pas le degré de souffrance de l’animal, et c’est tout à fait normal, physiologiquement parlant. Et en comparaison avec les méthodes d’abattage industriels profanes, j’ai pu constater que les « méthodes modernes » sont beaucoup plus violentes pour les animaux et que les risques d’infections sont présentes, de même que la qualité de la viande en est compromise (il n’y a qu’à voir les problèmes de santé et les épidémies qu’engendrent la consommation de viande aux USA et en Europe).