mai 262012
 

Source:  Depuis le 14 janvier 2011 et la chute rocambolesque de l’ancien despote, la religion envahit comme rarement la vie des Tunisiens. Comme si les Tunisiens avaient dévolu leur Révolution à Dieu et à ses représentants.

En effet, alors que le pays est exsangue économiquement, financièrement, et socialement, c’est l’islam dans sa variante schismatique wahhabite qui occupe les devants de la scène. Tous les regards sont rivés sur les mouvements sectaires et ultra-ultra-réactionnaires qui cherchent à entraîner le pays dans le sillage de la Somalie, l’Afghanistan ou le Soudan et surtout le faire tomber dans l’escarcelle les soit du Qatar pour l’organisation terroriste d’Ennahdha soit L’Arabie Saoudite pour les divisions Waffen SS salafistes.

Quand bien même les deux courants convergent vers le même but : arrimer la Tunisie à l’attelage ultra-rigoriste, anti-souverainiste, colonial, liberticide, culticide, raciste, ethnocidaire et cosmique et nostalgique du mythe de l’Oumma islamique sous la houlette des forces rétrogrades et nazies wahhabites.

Par voie de conséquence, toute action politique et militante ne peut être menée contre cette organisation fasciste, antipatriotique et mafieuse d’Ennahdha. D’une part, ce serait lui faire trop d’honneur en la médiatisant et d’autre part occulter ainsi ainsi les vrais problèmes de la Tunisie et les hypothèques qui pèsent sur son avenir politique, humain, culturel.

A force de se concentrer sur Ennahdha, on détourne l’attention de la Tunisie et du Tsunami qui la menace et qui risque de l’emporter sous un torrent de boue et de sables. Il n’y a pas lieu non plus de faire de cette organisation terroriste un bouc-émissaire.

Ce serait lui dérouler le tapis rouge de la victimisation. Elle, dont le nom est synonyme d’immondicité humaine, d’antipatriotisme, d’ignominie, de félonie et de barbarie et de terrorisme.

C’est une braqueuse de la Révolution tunisienne, comme tous ces opportunistes sortis du néant de leur pseudo exil alors qu’ils sont des binationaux dont il faut se débarrasser. L’essentiel est le sens que les uns et les autres doivent donner à leur combat qui doit être celui pour les droits humains et la sauvegarde des valeurs républicaines.

Jusqu’à maintenant j’ ai rarement entendu des voix s’élever pour une mobilisation inconditionnelle pour la patrie Tunisienne au-delà de tous les clivages politiques ou idéologiques. Des appels solennels pour une République juste, tolérante, fraternelle, égalitaire, citoyenne, garante des libertés , de toutes les libertés, des droits de l’homme et du citoyen. des voix s’élever en faveur de l’égalité absolue entre les sexes, de la protection des droits de l’enfance ou revendiquer la séparation absolue des pouvoirs.

Depuis plus d’un an, la Tunisie plurielle et civilisée, la mère-patrie d’Hannibal, de Saint Augustin, d’Ibn Khaldoun et tant d’autres femmes et hommes qui avaient fait sa gloire et avaient façonné son identité multiconfessionnelle et tolérante est la parente dramatiquement pauvre du débat politique, stérile et contre-productif tunisien.

La religion qui ne posait pas de problème auparavant, tant qu’elle se situe dans son champ de culte, est devenue le coeur du problème pour les Tunisiens. Si la religion est un modèle de développement économique, culturel, scientifique, technologique, social et humain pourquoi n’a-t-elle jamais fait ses preuves jusqu’alors.

Aucun Prix Nobel de décerné à la religion à ce jour. Le seul qu’elle mérite est celui de l’obscurantisme. Pourquoi avons-nous peur de faire le bilan ? Le vrai bilan sans passion, un bilan froid dont seuls les comptables ont le secret. La religion est un peu comme les emprunts toxiques on vend juste des obligations aux investisseurs avides de gain sans valeur marchande réelle jusqu’au jour où ils s’aperçoivent qu’ils ont été bernés.

Sauf que là, les investisseurs ont toujours la possibilité de passer ça en pertes et profits alors que la religion agit comme une masse gluante dans le cerveau des êtres humains dont on ne peut plus se désengluer.

C’est pourquoi la Tunisie est engluée dans un débat qui est en train de se transformer en atteintes à ses symboles nationaux, à une mise sous coupe réglée de ses institutions, ou tels ces spectacles pogromesques, prélude de Nuit de Cristal et les autodafés anti-juifs, anti-démocrates, anti-laïcs anti-nationalistes tunisiens, ensuite ce sera le Tsunami Après la débâcle de la démocratie grâce aux apprentis sorciers locaux et à leur tête l’instance électorale autoproclamée, viendra inévitablement le tour de la chute vertigineuse de la Tunisie dans les fonds abyssaux de l’histoire humaine..

par  Dr Salem Benammar

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