avr 252012
 
Source: Nous observons depuis un certain nombre d’années une partie des musulmans appeler au vote lors des élections démocratiques et ils militent également pour l’implication au sein des partis démocratiques. Cette adhésion à la démocratie se justifie selon eux par la nécessite de participer à la vie politique afin de peser au sein de la société, d’obtenir des droits et de freiner l’islamophobie. En occident, ces musulmans pensent que leur action démocratique leur permettra de faire pression sur les autorités pour qu’ils cessent leurs offensives contre l’islam et les musulmans.
Ces « musulmans démocrates » emploient des arguments rationnels liés au contexte sans se poser des questions sur la position de l’islam vis à vis de la démocratie. Leur raisonnement rationnel prend donc le dessus sur les textes du Coran et de la Sunna alors que le musulman doit analyser selon son credo islamique car tout acte du musulman doit être basé sur la Loi islamique.
Pour commencer, la démocratie doit être définie en tant que système politique et il faut l’analyser dans sa totalité et non la limiter au vote comme certains le font. Ensuite, il conviendra de la comparer aux textes islamiques pour juger si elle est licite ou pas aux yeux de l’islam.
La démocrate est un système politique au sein duquel le pouvoir revient au peuple comme l’atteste le terme « Demos Cratos » du grec ancien. Le terme « Demos » signifiant le peuple et « Cratos » signifiant le pouvoir. En démocratie le peuple est donc source de loi soit directement, soit indirectement via ses représentants au parlement. L’homme se retrouve donc le rôle de législateur afin de faire les lois et pour juger ce qui est permis ou pas.
Ce principe fondateur de la démocratie s’oppose au fondement même de l’islam ou le domaine de la législation revient exclusivement à Dieu. En effet l’attestation de Foi islamique implique que Dieu seul doit être adoré et qu’il est le seul législateur. De nombreux versets du Coran corroborent ce pilier de la Foi islamique :
إن الحكم إلا لله أمر ألا تعبدوا إلا إياه
« Il n’est d’autorité que celle de Dieu, qui a proscrit de n’adorer que lui »
[Sourate 12, Verset40]
له الخلق والامرتبارك الله رب العالمين
« De Dieu seul, en vérité, procèdent et la création et le commandement suprême »
[Sourate 7, Verset54]
La démocratie s’oppose donc à l’islam comme l’atteste ces versets du Coran car Dieu se voit substituer par les hommes le rôle de législateur. L’homme rend licite(halal) l’illicite(haram) et rend également illicite le licite, tandis qu’en islam, la souveraineté revient à Dieu et donc à sa Loi. En démocratie, si la majorité décident d’une loi, elle est validée tandis qu’en islam, il est illicite que des hommes s’opposent à l’application d’une loi divine même s’ils sont majoritaires.
Mais le fait est que la reconnaissance de l’unicité de Dieu ne peut s’accomplir qu’en admettant la création et l’ordre cosmique et juridique comme une possession exclusive du Seigneur. Or, exclusivité de l’ordre juridique implique la souveraineté absolue de Dieu en matière de législation : Il est le seul à décider du permis et de l’interdit, c’est-à-dire de la voie à suivre ici-bas. Quiconque se permet de diriger les hommes vers une loi autre que celle de Dieu entre dans l’impiété et l’idolâtrie :

A ce propos, `Adiyy b. Hâtim rapporte : « Entré chez le Prophète (صلى الله عليه وسلم), je l’entendis réciter le verset 31 de la sourate 9 (at-Tawba) : « Ils ont élevés au rang de divinité leurs docteurs et leurs moines ». Je lui fis alors remarquer qu’il ne s’agissait pas d’adoration à proprement parler. « C’en est une assurément, me répondit-il. Leurs docteurs et moines leur ont interdit ce qui est licite et permis ce qui est illicite, et ils les ont suivis, ce qui relève de l’adoration ».» (Hadith rapporté par At-Tirmidhî et Ahmad)

Il est surprenant de voir des musulmans croyant en Dieu et à Mohammed (صلى الله عليه وسلم) rendre licite la démocratie comme si la fin justifiait les moyens. Les musulmans d’Europe sont ouvertement attaqués au nom de la laïcité et de la démocratie, et pourtant des musulmans veulent répondre avec l’outil utilisé par l’adversaire et sans se poser la question si ce type d’action plaît ou non à Dieu.

ألم ترإلى الذين يزعمون أنهم آمنوا بما أنزل إليك وما أنزل من قبلك يريدون أن يتحاكمواإلى الطاغوت وقد أمروا أن يكفروا به ويريد الشيطان أن يضلهم ضلالا بعيدا وإذا قيل لهم تعالوا إلى ما أنزل الله وإلى الرسولرأيت المنافقين يصدون عنك صدودا
«N’as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu’on a fait descendre vers toi[prophète] et à ce qu’on a fait descendre avant toi? Ils veulent prendre pourjuge l’idole (Tâghoût), alors que c’est en lui qu’on leur a commandé de ne pascroire. Mais le Diable veut les égarer très loin, dans l’égarement. Et lorsqu’on leur dit: «Venez vers ce qu’Allah a fait descendre et vers le Messager», tu vois les hypocrites s’écarter loin de toi » [Sourate 4,verset 60-61]
Au delà de ces arguments, il y aussi la problématique du vote que certains musulmans utilisent pour rendre licite la démocratie. En effet, ils déclarent qu’à l’image de l’islam où il existe la consultation (As-shoura), la démocratie est basée sur le vote. La consultation en islam n’est pas un système politique à l’instar de Khalifah mais est seulement un processus de consultation sur un sujet précis. La consultation islamique est divine comme l’atteste la sourate « la consultation » et le recours à cette méthode par Mohammed (صلى الله عليه وسلم). Il n y a aucune relation avec la démocratie qui est le fruit des hommes. La consultation en islam peut être prise en compte même lorsque l’avis adopté s’oppose à l’avis de la majorité comme l’atteste la prise en compte de l’avis du Compagnon Salman al-Farissi lors de la bataille des coalisés pour creuser le tranché autour de Médine. Son avis de spécialiste a été adopté et non l’avis de la majorité. De plus, le vote en islam lors de la désignation du chef des musulmans, le Khalife, diffère totalement du vote en démocratie. Le chef des musulmans doit être musulman et a pour fonction d’appliquer l’islam car on lui prête allégeance sur le Coran et la Sunna. Il est choisi uniquement par les musulmans et non également par les chrétiens et les juifs. Il n y aucune relation avec le vote démocratique où le chef peut être non musulman et sera à la tête d’un État laïc appliquant la laïcité, la démocratie et le capitalisme. Même en terre d’islam peuplée majoritairement de musulmans, l’élection démocratique permet à non musulman d’avoir la direction du pays.
La démocratie en plus de son principe fondateur et du processus électoral qui diffèrent de l’islam, s’oppose également à la religion révélé à Mohammed (صلى الله عليه وسلم) quand on analyse ses nombreux principes comme la liberté d’expression, de culte et de propriété.
La liberté d’expression telle que la conçoit les démocrates est interdite en islam car au nom de ce principe, il est interdit en islam d’insulter Dieu et les Messagers comme l’a fait l’occident avec les caricatures contre le Messager de Dieu Mohammed (صلى الله عليه وسلم). Comment des musulmans peuvent adhérer à la démocratie qui est basé sur ce principe ayant porté atteinte à l’honneur de notre Prophète ?
Quant à la liberté de culte, elle s’oppose également à la Loi islamique car un musulman ne peut pas apostasier sa religion comme l’atteste la peine d’apostasie rapporté par ce hadith « Celui qui change de religion, tuez-le». La liberté de culte en islam s’applique aux non musulmans qui n’ont pas embrassé l’islam comme l’atteste ce verset

لا إكراه في الدين
« Point de contrainte en matière de religion » [Sourate 2, Verset 256]
Et pour finir la libre propriété est étrangère à l’islam car le musulman ne peut pas obtenir ce qui est illicite. Il n’a pas le droit d’avoir comme propriété des biens ou de l’argent issus de produits illicites comme l’alcool, des jeux de hasards etc.
Pour conclure, l’islam doit être la base de tout acte pour le musulman et que ce dernier ne doit pas faire passer sa raison ou le contexte avant les textes islamiques. Le but du musulman est l’agrément de Dieu et pour obtenir cela, ses actes ne doivent pas amener la colère de seigneur des mondes. Le modèle pour tout musulman doit être le Messager de Dieu (صلى اللهعليه وسلم) qui ne prononce rien sous l’effet de la passion. Notre guide Mohammed (صلى الله عليه وسلم) fut à la Mecque avec les Compagnons dans une situation plus dangereuse que les musulmans d’occident et pourtant, il n’a pas fait le moindre concession sur l’islam malgré les propositions des notables de Quraych . Ces derniers lui ont proposé de l’argent, des femmes et un statut élevé pour juger entre eux. Il lui ont même proposé une alternance de pouvoir une année sur deux pour qu’ils adorent durant un an Dieu l’unique et en échange, l’année suivante, les musulmans adoreraient leurs statuts. Il refusa avec fermeté ces propositions pour rester ferment dans la voie de Dieu jusqu’à bâtir l’État islamique à Médine qui a mi fin à l’oppression des idolâtres. La voie du Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم) doit être la nôtre contrairement aux actions inspirées par les idées de Rousseau, Molière et autres philosophes laïcs…
كان لكم في رسول اللهأسوة حسنة لمن كان يرجو الله واليوم الآخر وذكر الله كثيرا
« Vous avez,en vérité, en le messager de Dieu, un si bel exemple pour celui qui espère enDieu et au Jugement dernier et se souvient fréquemment de Dieu »
[Sourate 33, Verset21]
وما كان لمؤمن ولامؤمنة إذا قضى الله ورسوله أمرا أن يكون لهم الخيرة من أمرهم ومن يعص الله ورسولهفقد ضل ضلالا مبينا
« Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante de suivre leur propre choix,lorsque Dieu et son messager en ont décidé autrement. Quiconque désobéit à Dieu et à son messager s’égare de toute évidence » [Sourate 33, Verset 36]

Abou Khaled

26 Jamadi al-Awal 1433
18/04/2012

  3 Responses to “La démocratie est un système politique impie et illicite pour le musulman”

  1. La liberté de culte en islam s’applique aux non musulmans qui n’ont pas embrassé l’islam comme l’atteste ce verset

    لا إكراه في الدين
    « Point de contrainte en matière de religion » [Sourate 2, Verset 256]

    faux ! faux !
    J’ai repris sur mon blog http://torah-injil-jesus.blog.co.uk
    les études de Mme A.M. DELCAMBRE;
    En dar-l-islam, la liberté de culte s’applique uniquement aux musulmans! Ce qui est logique!

    • Il y a eu de nombreuses interprétations de ce verset. Daniel Pipes en a réalisé le condensé le plus abouti que je connaisse:

      http://fr.danielpipes.org/2114/lislam-est-ce-quen-font-ses-fideles

      En fait, cette phrase en apparence sans équivoque a eu une multitude d’interprétations au cours de l’histoire. Voici quelques-unes d’entre elles, pour la plupart prémodernes, tirées de deux excellents ouvrages parus récemment – «God’s Rule: Government and Islam», de Patricia Crone (Columbia University Press) et «Tolerance and Coercion in Islam» de Yohanan Friedman (Cambridge University Press) – et de mes propres recherches. Classées ici dans l’ordre croissant de libéralité, les interprétations de la phrase anti-contrainte ont largement varié; elle a ainsi été considérée comme:

      abrogée. Le passage a été annulé par des versets coraniques ultérieurs (tels que 9:73: «Ô prophète, lutte contre les incroyants et les hypocrites, et sois dur avec eux»).

      purement symbolique. La phrase est descriptive, et non impérative. La vérité de l’Islam est si manifeste que d’obliger quelqu’un à devenir un Musulman ne fait pas appel à la «contrainte»; ou encore le fait d’avoir à embrasser l’Islam à la suite d’une défaite militaire n’est pas considéré comme une «contrainte».

      spirituelle, et non concrète. Les gouvernements sont en droit d’imposer les attributs extérieurs de l’allégeance à la foi musulmane, mais ne peuvent naturellement influer sur les pensées des Musulmans.

      limitée dans le temps et dans l’espace. Elle ne s’appliquait qu’aux Juifs de Médine, au VIIe siècle.

      limitée au non-Musulmans vivant volontairement sous le règne de l’Islam. Certains juristes disent qu’elle ne s’applique qu’aux «Gens du Livre» (Chrétiens, Juifs et Zoroastriens), d’autres pensent qu’elle concerne l’ensemble des infidèles.

      excluant certains non-Musulmans. Les apostats, les femmes, les enfants, les prisonniers de guerre, entre autres, peuvent être contraints (c’est là l’interprétation standard, appliquée dans la majorité des lieux et des époques).

      limitée à tous les non-Musulmans. Les Musulmans sont tenus de respecter les dogmes de l’Islam et ne sont pas autorités à faire acte d’apostasie.

      limitée aux Musulmans. Les Musulmans peuvent passer d’une interprétation de leur foi à une autre (par exemple de la version sunnite à la version chiite), mais ne peuvent pas quitter l’Islam.

      appliquée à tout un chacun. L’acquisition de la foi authentique requiert diverses expériences, divers tests, et la contrainte entrave ce processus.

      À relever que l’interprétation standard, la plus utilisée et également la plus rationnelle (le principe général s’applique, sauf pour les exceptions fondées sur la pratique du prophète), exclut de cette liberté la grande majorité de la population.

    • Dans « Le choc des religions. Juifs, chrétiens, musulmans, la coexistence est-elle possible ? » (éd. Presse de la Renaissance 2004),

      Daniel Sibony met, lui aussi, les choses au point sur cette pseudo-tolérance à tout moment mise en avant (comme par Dalil Boubakeur dans le livre) avec cette fameuse sourate : « Pas de contrainte en religion ».

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