fév 122012
 

Source: Dans un livre d’entretiens, le prêtre du diocèse de Lyon, figure de la « Marche des beurs » de 1983, mise, malgré les difficultés, sur « l’islam qu’il aime ».

L’ISLAM QUE J’AIME, L’ISLAM QUI M’INQUIÈTE Christian Delorme avec Antoine d’Abbundo Bayard , 248 pages , 17.5 € acheter

C’est un livre de convictions et de savoirs sur l’islam, construit autour d’une affirmation forte: « Si nous voulons vivre ensemble, nous ne pouvons pas nous enfermer dans des forteresses théologiques. Il faut aller vers l’autre et prendre le risque d’être contaminé. C’est le risque de la rencontre. » Rédigé sous forme d’entretiens avec Antoine d’Abbundo, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Pèlerin, le livre du P. Christian Delorme, prêtre du diocèse de Lyon, figure de la Marche des beurs sur Paris en 1983, est celui d’un homme qui, depuis quarante ans, a de nombreux amis musulmans, des gens très simples et d’autres très savants.

Ce livre est l’itinéraire de cet homme appelé, à tort, le « curé de Minguettes », ce quartier de Vénissieux dont il n’a jamais été le curé mais où il est intervenu comme médiateur. Au départ, il se positionne aux côtés des beurs comme un prêtre engagé qui dénonce injustices et discriminations, menant en 1981 avec le pasteur Jean Costil une longue grève de la faim pour protester contre les expulsions de jeunes étrangers s’étant rendus coupables de délits.

Au fil des ans, le P. Delorme s’immerge dans la complexité de l’islam, de son histoire, de ses réalités sociologiques, géostratégiques, de ses diversités internes – qu’il essaie de faire partager aux lecteurs – et aussi de ses différences avec le christianisme, jusqu’à exposer dans le livre une vision un peu mystique de la présence de Dieu dans le monde. De longues pages sont consacrées à la figure de Dieu. Chrétiens et musulmans vénèrent-ils le même Dieu?

« Nous avons deux façons d’accueillir et de ressentir le mystère de Dieu et le mystère de la Révélation », estime le P. Delorme, tout en reconnaissant que « notre approche, notre perception, notre connaissance ne sont pas identiques et sont, par certains aspects, contradictoires et irréconciliables ». À en croire le P. Delorme, les obstacles théologiques peuvent être potentiellement dépassés grâce à une espérance un peu mystérieuse. Et aussi, très concrètement, dans la vie des gens car « chrétiens et musulmans peuvent entrer dans une amitié profonde où leur différence n’est plus un obstacle »…

Pour autant, le P. Delorme se défend de toute naïveté. Il ne cache pas ses inquiétudes devant la progression du fondamentalisme, de la violence, devant l’instrumentalisation de la religion par des dirigeants de tous horizons et aussi devant les persécutions des chrétiens dans nombre de pays musulmans. Beaucoup dépendra de l’évolution économique de nos sociétés et de l’actualité internationale, dit-il. Une société prospère intégrera facilement. Une société menacée dans sa richesse aura tendance à exclure. Le P. Delorme veut croire que l’islam qu’il aime, qui « ne désire que l’intégration et la paix » et qui, selon lui, reste largement majoritaire chez les musulmans, l’emportera sur l’islam qui l’inquiète.

  4 Responses to “La fécondité du dialogue entre chrétiens et musulmans”

  1. Un grand naif, ce Delorme, désespérément incorrigible !
    IL FAIT DANS L’ANGELISME
    L’EVANGILE LUI DEMANDE DE FAIRE DE TOUTES LES NATIONS LES DISCIPLES DU CHRIST !
    Qu’ il le mette dabord en pratique, tout simplement !
    La France est une terre de mission, en-bas de chez lui, devant sa porte !!!

    • Mais quasiment (plus) personne n’y croit, à cette mission. Et à aucune époque la foi en cette mission n’a permis de mâter l’islam. Ce sont des soldats standard, dégoulinant de sang, puis la supériorité technologique, qui a permis de repousser ce fléau. Pas la peine de s’attendre au salut de ce côté-là.

  2. Lire cet article qui montre que finalement les chrétiens ne sont pas des alliés fiables pour ceux qui veulent combattre les sectes extrémistes:

    http://www.kipa-apic.ch/index.php?&pw=&na=0,0,0,0,f&ki=228742

    Marianne Rentsch et Franco Galli, responsables du mouvement des Focolari en Suisse ont conclu la journée en rappelan la „Règle d’or“. imprimée dans les trois langues nationales sur une carte remise à chacun : «Personne de vous n’est croyant s’il ne désire pas pour son frère ce qu’il désire pour lui-même» (Mohammed, 13e Hadith du livre des 40 Hadith d’al-Nawawi). – «Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. » (Luc,6,31)

    Une explication de texte semble s’imposer, principalement sur le texte «Personne de vous n’est croyant s’il ne désire pas pour son frère ce qu’il désire pour lui-même» (Mohammed, 13e Hadith du livre des 40 Hadith d’al-Nawawi).

  3. Dans la version de Bukhari, le terme est « frère ». Dans celle de Muslim, le terme est « voisin ». Si l’on admet que ces hadiths ne concernent que des musulmans, et éventuellement des gens qu’on se prépare à convertir, tout va bien, ils s’inscrivent parfaitement dans le message global des textes fondateurs de l’islam. Mais si l’on veut admettre, comme ces gens le suggèrent, que ce texte peut concerner des non-musulmans affirmés, alors il faut considérer une grande partie du coran et d’innombrables hadiths sahih comme caduques. C’est de la pure mauvaise foi.

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