mar 292011
 

Paul Gentizon témoin d’événements majeurs, par Sami Aldeeb[1]

Introduction

Paul Gentizon (1885-1955), journaliste suisse, vaudois, correspondant du journal parisien Le Temps, et auteur de nombreux ouvrages, a été le témoin d’événements majeurs sur le plan historique et juridique: le démantèlement de l’empire ottoman, l’accès de Kemal Atatürk au pouvoir, l’abolition du Califat, et l’adoption des lois occidentales par la Turquie, dont le code civil suisse.

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Ces événements sont considérés comme dramatiques pour des musulmans puisqu’ils mettent fin à l’institution centrale, censée représenter les musulmans et mener la guerre en vue de la conquête de l’ensemble du monde pour le soumettre au pouvoir musulman et le convertir à l’islam.

Aujourd’hui, le régime islamiste en place en Turquie essaie de remettre en question l’héritage de Kemal Atatürk. Un mouvement islamiste actif, Hizb ut-tahrir al-islami, le Parti de la libération islamique, considère le jour de l’abolition du califat comme jour de deuil et met sur sa page http://khilafah.net/main/index.php/ le nombre de jours, d’heures, de minutes et de secondes passés depuis cet événement en se demandant combien de temps cela durera encore. Un autre groupe, issu de Hizb ut-tahrir, porte le nom de califat et indique dans un écriteau placé sur la façade du Dôme du Rocher à Jérusalem que le califat est la « couronne des obligations »: http://www.khilafah.com/index.php/about-us. Un article paru en mai 2008 dans Le Monde diplomatique indique que le spectre du califat hante les États-Unis: http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/FILIU/15869

Voilà ce qui donne une importance capitale et d’actualité à l’ouvrage de Paul Gentizon: Mustapha Kemal ou l’Orient en marche, Éditons Bossard, Paris, 1929, 350 pages, et dont nous présentons certains éléments importants, à défaut de pouvoir en faire un résumé exhaustif. Cet ouvrage, disponible dans un petit nombre de bibliothèques suisses, mérite d’être réédité.

Séjour en Turquie dans une période charnière poussant à l’optimisme

Gentizon a été envoyé en Turquie par son journal parisien au mois d’octobre 1922, où il est resté pendant cinq ans, durant lesquels une république laïque a remplacé l’empire ottoman avec les bouleversements politico-juridiques que l’auteur présente tout au long de cet ouvrage pour démentir ceux qui croyaient que l’Orient était incapable d’évoluer (p. VII). D’où le sous-titre optimiste « L’Orient en marche ». Cette évolution, estimait-t-il, finira par porter ses fruits dans d’autres pays comme la Perse, l’Afghanistan, la Syrie, l’Égypte et l’Arabie, donnant lieu à un « nouvel orient » (p. VIII).

Fuite du Sultan et parution de Mustapha Kemal

Durant la première guerre mondiale, l’empire ottoman se trouve déchiré, avec des régions musulmanes alliées à ses ennemis, conflit conduisant à l’occupation de la capitale même de cet empire, Constantinople (Istanbul), et d’une grande partie de l’Anatolie. C’est à ce moment qu’apparaît  Mustapha Kemal pour sauver ce qu’il pouvait et faire barrage au rêve hellénique de rétablir Byzance (p. 1-2). Régnait alors sur l’empire le Calife ottoman Mehmet VI,  monté sur le trône à l’âge de 57 ans, le 4 juillet 1918, quelques mois avant l’issue de la guerre mondiale. Il vivait confiné dans son harem. Pour sauver son trône, il prit parti contre les nationalistes, confiant son sort à un général anglais (p. 11-12). Il va jusqu’à signer une fatwa mettant hors la loi et condamnant à mort Mustapha Kemal, fatwa distribuée par milliers d’exemplaires au-dessus des tranchées turques en Anatolie par l’entremise d’avions helléniques (p. 12-13). Avec la victoire des troupes kemalistes, l’Assemblée nationale d’Ankara (appelée alors Angora) s’est attribué le pouvoir législatif et exécutif en tant que représentant de la nation. Elle décida le 1er novembre 1922 de supprimer le sultanat, tout en maintenant le califat, séparant ainsi le pouvoir spirituel du pouvoir temporel (p. 24). Privé de ses pouvoirs, et par peur d’être jugé, le calife décida de fuir le pays le 17 novembre 1922, protégé par les anglais, au bord d’un cuirassé britannique pour se réfugier à Malte (p. 28-29).

Abolition du califat

Le calife en fuite laissa sa fonction inoccupée. Mais Mustapha Kemal avait besoin d’un calife pour ne pas heurter le sentiment religieux de la population. La grande assemblée a nommé à cette fonction le prince Abd-ul-Medjid, investi le 27 novembre 1922, à l’âge de 54 ans (p. 31-33). Ses pouvoirs étaient toutefois mal précisés dans la nouvelle réalité politique: il n’a plus d’armée, plus même une garde digne de ce nom, encore moins un trésor public où puiser à sa volonté (35-36). Les milieux conservateurs tant en Turquie que dans les pays musulmans demandaient à Ankara de lui rendre la puissance et les honneurs qui lui sont dus, et certains Turcs de l’entourage de Kemal voulaient suivre une politique panislamique (p. 42). Pour couper court, Kemal Mustapha fit proclamer la république le 29 octobre 1923 (p. 45). Profitant de la publication dans les journaux turcs d’un appel de deux dignitaires arabe et indou pour le rétablissement du califat traditionnel, Kemal Mustapha fit voter le 4 mars 1924 une loi abolissant le califat, destituant Abd-ul-Majid et l’exilant de la Turquie avec tous les membres de sa famille (p. 53-54). Aussitôt la décision fut communiquée au Calife pour qu’il quitte le pays le lendemain à cinq heures du matin vers la Suisse, destination choisie par le gouvernement (p. 56).

Adoption des lois occidentales

L’empire ottoman avait entrepris au 19e siècle des réformes de son système juridique en adoptant certains codes d’inspiration occidentale. Mais ce système avait des défauts majeurs. Avant tout, il reconnaissait à chaque communauté religieuse le droit d’avoir ses propres tribunaux et ses propres lois en matière du droit de la famille. De même, il reconnaissait aux étrangers le droit de recourir à leurs tribunaux consulaires et à l’application de leurs lois nationales en vertu de traités appelés capitulations (terme provenant de chapitre). D’où une complexité inouïe au point de vue législatif, administratif et judiciaire. Ces communautés et ces étrangers formaient en fait des États dans l’État et échappaient à la juridiction de l’empire. Cette façon de gérer la société est héritée du droit musulman, et motivée par le fait que ce dernier est un droit religieux s’appliquant pratiquement aux seuls musulmans, avec des exceptions. Un autre défaut majeur est que ce droit musulman était figé, ne permettant pas de mettre en question des normes discriminatoires à l’égard de la femme et des non-musulmans.

La jeune république turque s’est donc attelée à cette tache énorme de faire table rase du système hérité de l’empire. Elle n’a pas jugé utile de réformer ce système, et a préféré le rejeter en bloc pour le remplacer par des lois d’inspiration occidentale. Le 1er mars 1924 Kemal Mustapha annonça dans un discours la rupture définitive de la législation turque avec la loi musulmane et proclama que désormais la Turquie serait un État laïque. La république se mit activement à l’œuvre. En moins de deux ans et coup sur coup, elle choisit, traduisit, appliqua une législation nouvelle comprenant un code pénal, un code de commerce, un code des obligations, un code civil et toute la série des codes de procédure correspondante. C’est ainsi que le Code civil suisse a été choisi comme modèle pour le code civil turc régissant le droit de la famille et des successions, le droit réel et le droit des obligations, domaines majeurs sur le plan juridique dans la vie d’une nation.

Le choix du code civil suisse a été motivé par l’influence exercée à Ankara par tout un groupe de jeunes intellectuels qui, avant et après la guerre mondiale, ont fait leurs études en Suisse romande, à Genève, à Lausanne et à Fribourg. Ce fut notamment le cas de Mahmoud Essad, le ministre de la justice qui avait fait sa thèse de doctorat en droit à Fribourg, justement sur le système des capitulations en Turquie. Par l’adoption du code civil suisse, la Turquie a mis fin au système de la personnalité des lois et des juridictions, puisque désormais tous les citoyens seront régis par la même loi et soumis au même tribunal, sans distinction de religion. C’est aussi le statut de la femme qui est modifié, avec l’interdiction de la polygamie et la fixation à 18 ans de l’âge du mariage. Il mit fin à l’empêchement religieux du mariage, au moins théoriquement. En effet, le droit musulman permet le mariage d’un musulman avec une non-musulmane, mais interdit le mariage d’un non-musulman avec une musulmane, à moins qu’il ne se convertisse à l’islam. Gentizon rapporte à cet effet que les journaux turcs avaient publié quelques chapitres du code civil, mais toujours avec l’empêchement de mariage pour raison de religion. Il s’est informé auprès du journaliste qui lui répondit que la Turquie n’était pas encore prête pour ce changement. Il s’est alors adressé au Ministre de justice lequel le rassura que le code suisse sera appliqué sans changement sur ce plan (p. 226).

Le traité de Lausanne avait prévu à l’article 42 le maintien des lois et des juridictions des minorités chrétiennes et juives. Avec l’adoption du code civil suisse, ces minorités ont renoncé à ces privilèges. Ainsi prend fin le système de la personnalité des lois établi par la législation musulmane (p. 250-251).

L’adoption des lois occidentales nécessitait la formation de juges et de juristes capables de la comprendre. Pour ce faire, fut fondée à Ankara en 1926 une école de droit (p. 231).

Réforme culturelle et vestimentaire

La république turque ne s’est pas satisfaite d’occidentaliser le système juridique. Elle s’est aussi attaqué aux aspects culturels de la société. Le 1er janvier 1927 fut introduit le calendrier grégorien (p. 177). Il y a eu aussi l’abandon de l’alphabet arabe en faveur de l’alphabet latin décidé par une loi le 1er novembre 1928, réforme réalisée en plusieurs étapes s’étendant entre le 1er décembre 1928 et le 1er juin 1929. A partir de cette date, tout emploi public de l’alphabet arabe a été prohibé et il était même interdit d’imprimer des livres avec les anciens caractères (p. 189-192).

Ensuite il y a eu la querelle vestimentaire qui secoue encore aujourd’hui la société turque en ce qui concerne le port du voile à l’école et à l’université. Gentizon passe en revue l’évolution vestimentaire en Turquie, notamment en matière de coiffure. Kemal voulait que les Turcs adoptent non seulement les institutions occidentales, mais aussi leur façon de s’habiller. Il estimait qu’en portant une coiffure distincte du reste de l’univers, les Turcs restent à l’écart. Il fallait que les Turcs portent désormais le chapeau au lieu du fez. Une loi fut même votée le 16 novembre 1925 interdisant le port de toutes les anciennes coiffures, et ne permettant le turban qu’aux fonctionnaires religieux, ce qui n’a pas manqué à provoquer des incidents dans les villages orientaux, avec des condamnations à mort (p. 131-134). Gentizon approuve cette réforme vestimentaire: « Cette coiffure est … le premier signe visible d’un état d’esprit et de choses nouveau. Avec le chapeau, la liberté de pensée s’instaure dans la société musulmane. Le rationalisme triomphe… avec le chapeau, pour la première fois, les Turcs deviennent citoyens du monde » (p. 138). Un règlement a contraint tous les députés à se présenter en frac dernier modèle, chemise et cravate blanche, souliers noirs (p. 160). Kemal est aussi parti en guerre contre le voile des femmes. Il invita les femmes turques à imiter complètement leurs sœurs occidentales et à emprunter même leurs chapeaux, leurs costumes tailleurs et leurs manteaux (p. 163).

Avenir de la Turquie

Dans un chapitre final, Gentizon souligne les efforts importants entrepris par la Turquie pour se moderniser et se rapprocher de l’Europe. Les relations entre l’Union européenne et la Turquie, et l’accès au pouvoir d’un parti islamiste posent la question de l’avenir de ce pays. Comment Gentizon voyait-il cet avenir dans les années 30 du siècle dernier?

Gentizon estime qu’ « on a peut-être péché à Ankara par un excès de zèle », mais ajoute que les imperfections « sont en somme bien petites devant ce changement profond » (p. 331). Il relève aussi « les vices d’une administration … qui n’a pas pu naturellement changer du jour au lendemain… la corruption, les abus, le scandale de l’administration et de la classe dirigeante » (p. 331). Il signale en outre que la Turquie moderne n’a pas su adopter le multipartisme et ne fonctionne pas selon le modèle démocratique: « Le mécanisme libre des forces politiques est strictement interdit. Toute opposition est supprimée. La presse entière est quasi officielle et obéit au mot d’ordre. Quant à la chambre, elle est réduite à un rôle secondaire, ses décisions mêmes lui sont dictées par le chef d’État, Mustapha Kemal, car tout le système repose sur les épaules de cet homme. Tout dépend de lui. Et nous sommes en présence d’une véritable dictature » (p. 335).

Gentizon indique cependant que Kemal ne pouvait pas faire autrement « pour arracher la Turquie aux traditions orientales et islamiques et la faire pénétrer en Europe ». « Le pays entier, à part peut-être quelques centaines d’intellectuels, trouvent [le régime kémaliste] même tout à fait normal. Ce fait qui peut paraître incompréhensible à un Occidental, s’explique par le fait que la liberté n’est nullement une mystique pour le peuple turc. Il la craint même parfois, parce qu’il se rend compte d’instinct que, dans une société qui souffre déjà du manque de certaines vertus, elle peut être plus nuisible que profitable, dégénérer trop rapidement en licence et livrer le pays à l’anarchie. Enfin, comme tout peuple dont la psychologie a été façonnée au cours des siècles par l’islam, le peuple turc tient avant tout à la quiétude. Il veut le calme davantage que la liberté ». Il ajoute que « si la dictature existe, il convient aussi de reconnaître qu’elle est nécessaire. A tel point que la force des choses l’aurait imposée, même si Mustapha Kemal ne l’avait pas voulue » (p. 336-338).


[1] Licence et doctorat en droit (Fribourg). Diplôme en sciences politiques (Genève). Habilitation à diriger des recherches (Bordeaux 3). Professeur des universités (CNU-France). Responsable du droit arabe et musulman à l’Institut suisse de droit comparé à Lausanne (1980-2009). Directeur du Centre de droit arabe et musulman. Professeur invité aux Facultés de droit d’Aix-en-Provence, de Palerme et autres. Auteur de nombreux ouvrages et articles (liste dans: www.sami-aldeeb.com), dont une nouvelle traduction française du Coran.

  4 Responses to “Paul Gentizon: Mustapha Kemal ou l’Orient en marche”

  1. Faut rappeller le Génocide arménien, qui s’est avéré soit avant l’Advent de Kemal Atatürk, SOIT APRÈS sa Monté au Pouvoir (celle des « Jeunes Turques »), je cite le Lien en ITA (il y a la Version FRA sur Wikipedia, mais c’est pas le même Texte) -> [ici on parle du Massacre pendant la Période « atatürkienne »] http://it.wikipedia.org/wiki/Genocidio_armeno#Secondo_massacro_armeno

    • Hmm…Je vois qu’on a à faire à des spécialistes d’autres pays, enfin je veux dire spécialiste del’histoire d’autres pays.
      Sachez une chose, avant on disait que l’histoire était écrite par les gagnants, ensuite on a dit que c’était les plus riches qui écrivaient l’histoire .Mais on a omit de dire que les ignorants aussi ont tout inventé, quand les occidentaux ont oublié leur propres histoires à cause que Genghis Khan avait tout brûlé, saccagé, violé avec ses accolytes et qu’il ne restait plus rien et qu’il durent tout réinventer comme : Vercingétorix – Clovis -Charlemagne et qu’il y a un trou de 300 ans dans l’histoire européenne qu’i fallait bien remplir.
      On voit appaître des génocidaires de l’histoire et des négacionistes. Bon Sang mais on est-ce que j’étais durant toutes ces années, j’ai l’impression d’avoir râté tous ces grand évènements et génocides.

  2. Je ne connaissais pas Paul Gentizon, mais je vois que c’était un grand admirateur de Benito Mussolini, le philosophe bien connu :

    « Si può pensare che questo sia il secolo dell’autorità, un secolo di « destra », un secolo fascista; se il XIX fu il secolo dell’individuo (liberalismo significa individualismo), si può pensare che questo sia il secolo «collettivo» e quindi il secolo dello Stato. » Musssolini (= Giovanni Gentile ?), article La dottrina del fascismo, Enciclopedia italiana, 1932

    Je retiens en tout cas de Gentizon cet apophtegme mémorable, à ciseler dans un airain rebelle aux outrages du temps :

    « Avec le chapeau, la liberté de pensée s’instaure dans la société musulmane. »

    Le fez comprimait les nobles fronts touraniens. Sous son chapeau, désormais, le Turc pense.

    Il y aurait tout un livre à écrire sur le rôle des couvre-chefs dans les révolutions. Vous vous souvenez de la belle époque maoïste, avec les masses chéries encasquetées jusqu’aux oreilles, agitant le Petit Livre Rouge, tout ce mime vestimentaire d’un prolétariat d’opérette ?

    Quelques chouettes affiches en couleur :

    http://debrisson.free.fr/affiches.html

    Notamment le joli trio Sous-la-casquette-ça-pense-ferme : « Lire les œuvres du Président Mao, écouter les paroles du Président Mao, se conformer aux directives du Président Mao ».

  3. Propos attribués à Atatürk Mustapha Kémal ( H.C. Armstrong, « le loup gris », Capricorne Books, New York, 1961, Pp. 199-200) :

    « … Pendant presque cinq cents années, ces règles et théories d’un Shaikh arabe et les interprétations des générations des prêtres paresseux et bons à rien ont décidé le droit pénal civil et de la Turquie. Ils ont décidé la forme de la constitution, des détails des vies de chaque Turc, de sa nourriture, ses heures de l’augmentation et du sommeil la forme de ses vêtements, la routine de la femme qui a produit ses enfants, ce qu’il a appris dans ses écoles, ses coutumes, son pensée-égal ses habitudes plus intimes. L’Islam – cette théologie d’un Arabe immoral – est une chose morte. Probablement il pourrait avoir adapté à des tribus dans le désert. Ce n’est aucun bon pour l’état moderne et progressif. …. »

    Selon le dicton bien connu en islam « qui veut tuer son frère l’accuse d’être juif », les musulmans militants disent que Atatürk serait un juif « marane ».

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