Mar 162011
 

Source: France : “l’islam est compatible avec les lois de la République” selon un cardinal

Dans un entretien, publié dans Le Monde daté samedi 5 mars, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon depuis 2002, estime que le débat en cours lancé par l’UMP, à l’initiative du président de la République, sur la place de l’islam dans la société française est “important”, mais il s’interroge sur la méthode employée par le gouvernement.

France : "l'islam est compatible avec les lois de la République" selon un cardinal
Alors que le problème du financement des lieux de culte fait partie des questions soulevées par la présence de l’islam en France, Mgr Barbarin estime que la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat n’est pas “un bloc de béton”. 

“Une loi peut être modifiée ou abrogée, si la réalité sociale change. Les musulmans étaient très peu nombreux en France, en 1905, indique-t-il. Aujourd’hui, on dit qu’ils représentent 10 % de la population, et dans certains endroits, il y a plus de monde à la mosquée le vendredi qu’à l’église le dimanche !”

“Quand les musulmans demandent pourquoi l’Etat aide l’Eglise catholique, en finançant l’entretien des édifices construits avant 1905, alors qu’il n’aide pas la communauté musulmane, on peut leur opposer le texte de la loi, mais il reste que leur question est légitime”, juge-t-il.

Engagé dans le dialogue islamo-chrétien depuis des années, le cardinal reconnaît que “beaucoup de catholiques sont rongés par la peur”. Et, s’il affirme que “l’islam est compatible avec les lois de la République, à condition que les musulmans le veuillent“. Le cardinal souligne aussi les “difficultés objectives ” soulevées par l’islam.

Remarque de Sami Aldeeb: voilà le genre de dialogue interreligieux qui crée des problèmes au lieu de les résoudre. Quelles sont ces difficultés objectives? Comment les résoudre? Que faire si les musulmans ne  veulent pas que l’islam soit compatible avec les lois de la République? Motus et bouche cousue.

Ce cardinal manque de courage, pour ne pas dire autre chose. Je viens de voir le terme cardinal: “Qui constitue la charnière sur laquelle tourne, s’appuie une chose ou un ensemble de choses”. De toute évidence, avec ce cardinal ça tourne pas rond.

  19 Responses to “Ce que le cardinal Barbarin ne dit pas… Avec ce cardinal ça tourne pas rond.”

  1. On trouve aussi l’interview du 5 mars 2011 au Monde sur le site du diocèse catholique de Lyon. Malgré une tendance inévitable à la “langue de buis” ecclésiastique, Barbarin, né au Maroc, est un petit peu moins allusif et peut-être un peu moins naïf que Sami Aldeeb ne le craint, mais il ne parle évidemment pas comme on aurait parlé autrefois.

    En me promenant rapidement sur les pages appelées par la demande “islam” sur le site, je trouve pas mal de bons sentiments, des annonces de rencontres diverses, et des objurgations douteuses, comme dans le titre d’une conférence de 2008, animée par le père Christian Delorme, “Aimer l’islam, pour être de meilleurs chrétiens”. Si le titre était “aimer les musulmans”, ce serait différent. Mais enjoindre à des chrétiens d’aimer l’islam s’ils veulent devenir de meilleurs chrétiens me rappelle fâcheusement les compromissions de la hiérarchie catholique avec les courants d’idées communistes, et la confusion entre les individus et les idées dont ils sont porteurs, les comportements que ces idées encouragent. Christian Delorme est co-auteur de l’avant-propos à la traduction du Coran de Sami Aldeeb.

    Sur Christian Delorme, je m’interroge franchement. Il a publié dans La Croix du 18 janvier 2011 un texte furieux contre l’interview de Rémi Brague (dans le même quotidien, 17 décembre 2010). Il fait notamment ce reproche à Brague : “Rémi Brague aborde l’islam à partir d’une lecture partielle et partiale du corpus coranique, et à partir d’une approche également sélective de l’histoire des relations entre le monde musulman et l’Occident. Il sélectionne, ainsi, quelques versets du Coran, proclamant que les plus avantageux aux chrétiens et aux juifs ont été abrogés par d’autres. Sur quoi se fonde-t-il pour dire cela ? Plusieurs siècles de tradition savante musulmane ont, au contraire, considéré que ces versets « dialoguants » étaient toujours d’actualité, et seuls des commentateurs intégristes font une autre lecture. Qu’on se souvienne, simplement, de l’émir Abd El Kader venant, il y a cent cinquante ans, au secours de dizaines de milliers de chrétiens en danger de mort à Damas, en invoquant notamment ces versets respectueux à l’égard des disciples du Nazaréen ! La question de « l’abrogé et de l’abrogeant » dans le texte coranique s’avère, d’ailleurs, un domaine très discuté, et les savants musulmans l’abordent avec beaucoup de prudence.”

    Si vraiment les savants musulmans abordent le problème du “naskh” avec autant de “prudence” que Delorme le dit, et si Brague erre gravement en “sélectionnant” quelques versets sans aucune rigueur, en “proclamant” des choses fausses, alors non seulement Brague est gravement incompétent, mais le sont également tous ceux qui ont abordé cette question. On se demande aussi par la même occasion si le reproche que Delorme adresse à Brague ne devrait pas être adressé à Aldeeb, lequel a l’insolence de signaler les abrogations dans les notes de son édition.

    Le principe de l’abrogation est si important (ce qui est normal, au vu des contradictions massives du texte) que ceux qui le rejettent d’une manière ou d’une autre sont rejetés comme apostats, persécutés, et même tués (les ahmadis, Mahmud Muhammad Taha…). C’est d’ailleurs Dieu lui-même qui enseigne l’abrogation à l’intérieur même du Noble Coran (2:106, 16:101), ainsi fourni avec sa propre technique de lecture. Certains estiment que plus de 60 % des versets du Coran sont touchés par une abrogation d’un type ou d’un autre.

    Comme toujours dans ces affaires, il est capital de sortir du flou. Delorme n’a qu’à réunir une douzaine de savants de l’islam sur le sol français, leur soumettre une liste de versets litigieux, et leur demander quel est leur statut au regard du “naskh”. Ceci évitera les faux-fuyants du style “c’est plus compliqué que ça”.

    De même, à propos de versets du genre de “Pas de contrainte en religion”, il faut exiger une réponse précise sur l’interprétation.

  2. Ayant participé à des dialogues interreligieux, je peux dire que j’en suis toujours sorti ulcéré par le manque de courage et de franchise de la part des participants, surtout chrétiens.
    Je comprends fort bien qu’il faut du tact dans les rapports humains, mais j’estime que rien n’est plus nuisible que la flatterie et les omissions volontaires…. pour se faire inviter ou je ne sais quoi. Les musulmans ont le droit de savoir ce qu’on leur reproche.
    Je me rappelle d’un colloque auquel j’ai participé à Rabat. Lors du repas, une des participantes – une belge dont je tairai le nom – m’a reproché d’avoir été trop franc avec nos hôtes marocains. Un professeur marocain lui a répondu: “Mais Madame le Professeur, nous ne sommes pas des mineurs, et nous n’avons pas besoin de paternalisme”.
    Un médecin qui prescrirait un calmant au lieu d’un vrai médicament trahit sa mission et trompe son patient.

    • Vous ne semblez pas être le seul à manifester du scepticisme. Le protestant Jacques Ellul, les catholiques Roger Arnaldez, Alain Besançon, Rémi Brague, sont également très sceptiques. Pour ce qui est de l’arabisant français bien connu Arnaldez, voir sa lettre ici (paragraphe 5 sur une telle rencontre à Aix-en-Provence):

      http://islam-connaissance.blogspot.com/2008/04/lettre-de-roger-arnaldez-islamologue-au.html

    • Puisque j’ai mentionné Arnaldez, je recommande sa communication devant l’Académie des Sciences morales et politiques, “L’islam, une religion conquérante ?”, 31 janvier 1994, en ligne sur le site de l’Académie :

      http://www.asmp.fr/travaux/communications/1994/arnaldez.htm

      Je ne suis pas certain que, seize ans après, on pourrait encore s’exprimer de la sorte en France, la moindre platitude suscitant une action en justice de la part de telle ou telle association militante.

    • Sur la page de l’Académie citée, M. Triboulet signale ceci : “Lorsque le P. Lelong était venu devant l’Académie faire un éloge évangélique du Coran, M. Arnaldez avait signalé la violence menaçante des réunions périodiques de la Ligue arabe.”

      L’activité du père Michel Lelong mérite d’être rappelée, car il est l’auteur de cette phrase mémorable : “Si les Européens avaient mieux connu le message coranique et la personnalité du prophète Mohamed, les traditions et les valeurs de la communauté musulmane, ils auraient découvert que le patrimoine éthique et spirituel de l’islam était une réalité très proche de la civilisation chrétienne”. Tout y est quant à l’étiquette du dhimmi virtuel : “le prophète” (est-il un prophète pour un prêtre catholique ?), “Mohamed” (pas “Mahomet”, certains musulmans s’en offusquent). Mais le summum c’est l’évocation de la “personnalité” dudit prophète, qui, à en croire Lelong, gagnerait énormément à être connu, comme dit l’expression. On se demande ce que Lelong a bien pu lire sur Mahomet pour véhiculer de telles étrangetés.

      Le père Lelong opine également que le christianisme est plus proche de l’islam que du judaïsme. Il semblerait avoir échappé à cet ecclésiastique quelque peu amnésique que, pour des motifs qui ne sont peut-être pas dénuées de fondements, les chrétiens ont cru devoir faire entrer dans leurs Ecritures l’intégralité du Tanakh juif, et que les offices catholiques continuent à citer régulièrement des passages de l'”Ancien Testament”. Si les musulmans citent les écrits juifs et chrétiens, me prévenir de cette découverte majeure de toute urgence. J’avais cru comprendre qu’ils tenaient les juifs et les chrétiens pour des falsificateurs. Ce détail, parmi bien d’autres, a échappé au père Lelong.

    • Comme Michel Lelong est un Père Blanc, qu’il connaît l’arabe, qu’il a fait partie du GRIC (Groupe de Recherche Islamo-Chrétien, créé en 1977), on ne saurait plaider en sa faveur l’excuse de l’ignorance. Il doit donc faire partie de ces personnes qui, mues par des aspirations respectables, en finissent par s’aveugler au point d’en oublier leur savoir de base. C’est la seule interprétation que je puisse proposer pour la phrase de lui sur “la personnalité du prophète Mahomet”, dont une meilleure connaissance devrait rendre les chrétiens plus conscients de leur proximité avec l’islam. Reste qu’on peut s’interroger sur, disons-le, l’irresponsabilité d’un prêtre qui risque d’entraîner des catholiques, et d’autres peut-être, dans une entreprise d’auto-destruction.

      Le père Lelong se signale à l’occasion par une certaine tendance à la “langue de buis” ecclésiastique : “lever les malentendus”, “amalgames”, “peur”, “débat serein”, “approfondissement spirituel”, “partage”, “valeurs morales et spirituelles”. Il gourmande Benoît XVI pour le discours de Ratisbonne.

      Lelong fut le créateur en 1973 et le premier responsable du “Secrétariat des relations avec l’islam” pour l’épiscopat français, actuellement nommé “Service national pour les Relations avec l’islam”. Cet organisme a un délégué diocésain dans chaque diocèse de France. On trouvera sur le site de cet organisme, page “Textes d’actualité”, le début de la Lettre ouverte à mes sœurs qui portent le voile intégral”, par Mehrézia Labidi-Maïzi, repris de saphirnews. Et aussi une page de prières communes, qui semblent non-litigieuses, parce que se situant à un niveau de généralité très élevé, tellement élevé qu’un unitarien pourrait peut-être les reprendre à son compte. Sur la page de bibliographie, il y a une section “Vie de Muhammad”, ne contenant que le “Mahomet” de Rodinson. Pour le reste, pour autant que je puisse juger, la liste me paraît pauvre, lénifiante, orientée. On n’y soupçonne pas l’existence de la Sunna, pour le moins.

      • C’est simplement un lâche, méprisable, qui a préféré son petit confort personnel à la vérité. Sans doute a-t-il redoublé par ailleurs de bonnes oeuvres pour ne pas trop enlaidir son regard vers dieu et sa petite conversation avec la sainte famille. Mais pour nous autres, il vaut mieux le considérer comme une branche pourrie que de chercher à croire que son attitude relève d’une erreur. Bien sûr que tous les crimes sont des erreurs, au fond, mais il faut tracer une ligne et s’y tenir, sinon ce sont des criminels qui le font.

      • Ma vue est plutôt celle que je donne dans un commentaire sur un commentaire de Yamo en n° 4 sous “Débats sur l’islam en s’appuyant…”. Mais vous avez raison de ne pas esquiver la considération (pénible) de la relation entre une erreur (intellectuelle) et une faute (morale). Je ne suis pas assez philosophe pour en dire plus.

  3. Pour que l’islam soit compatible avec les lois de la République, il faudrait qu’il renonce à la charia … ou que la République devienne islamique ! 😉

  4. J’ai commencé un courriel à l’attention de ce Monsieur, ainsi qu’à celui de Nice.

    Mais j’ai lu, récemment, des propos qu’aurait tenu Benoît XVI et qui montre combien ces gens pour nous asservir à leurs bondieuseries seraient prêts à vendre leur âme au diable: “Grâce à l’islam, le religion revient en Europe.”

    • Je google cette phrase : rien.

      • Peut-être n’est-ce pas exactement ces termes qu’il a utilisé! 😉

      • J’ai “googelisé” l’expression! Stupeur! Aucun lien me menant au blog de Sami Aldeeb!

        Il faut croire que google veut bien nous donner les réponses selon ses envies, ou ses mots-clefs de censure. Ne croyez-vous pas?

        Et apparemment, c’est un secret de polichinel que google censure certains sites.

      • Google n’est peut-être pas encore passé sur ce bulletin.

        • Ptètbinkwi, ptètbinknon.

          Etant bordélique de nature, je n’ai pas relevé le lien (parce que je suis persuadé que c’est sur internet que j’ai trouvé “l’info”), c’est dommage.

          Je me demande si ce qui a voulu être dit, c’est que le fait que l’islam cherche à s’imposer chez nous va pousser les nôtres à se tourner à nouveau vers la religion.

          Mais ce n’est que sèéculation.

  5. Je crois que, pour être juste avec le cardinal Barbarin, il faut faire très attention à ce qu’il dit. Dans l’interview au Monde (5 mars 2011) il dit : “L’islam est compatible avec les lois de la République, à condition que les musulmans le veuillent”. La phrase a deux membres, le deuxième exprimant une condition très nette.

    Il a récidivé sur la radio Europe 1, déclarant ensuite le 10 mars 2011 : “Les musulmans sont ici, ils sont français, ils sont dans notre pays. Ils s’intégreront à notre pays s’ils le veulent bien, s’ils le décident”. Là encore, même manière de s’exprimer, avec une condition clairement exprimée.

  6. Le Cardinal Barbarin est en bonne place dans la liste des islamo-collabos de cette page:
    Le Cardinal Barbarin collabo en chef du clergé français

 Leave a Reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis)

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.