Fév 262011
 

Source: Les musulmans sont entre 6 et 7 millions en France, environ 200 000 en Haute-Normandie. L’Etat doit-il participer au financement de la construction des mosquées? Le vœu émis à «titre personnel» par Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement, suscite doute et scepticisme au sein de la communauté musulmane.

Au Havre, les musulmans sont contraints de rester dehors pour la prière du vendredi (photo Jean-Marie Thuillier)

Au Havre, les musulmans sont contraints de rester dehors pour la prière du vendredi

Mohamed Cherif, le président du conseil régional haut-normand du culte musulman se montre particulièrement précis. «Moi, je ne souhaite pas que l’Etat vienne financer le culte musulman. Je préfère que se prolonge l’indépendance des cultes dans l’esprit de la loi de séparation de 1905».

Il poursuit: «Il me semble fondamental que les fidèles financent leurs lieux de culte. Actuellement, dans notre région, il y a des constructions de mosquées au Havre, à Canteleu, et un projet à Evreux…»
Ces nouvelles mosquées répondent simplement à l’augmentation du nombre de pratiquants qui trop souvent sont contraints de prier dehors! La communauté musulmane est estimée entre 6 et 7millions en France et autour de 200000 en Haute-Normandie.
Par ailleurs, le désir de l’UMP de lancer un débat sur l’exercice du culte dans une République laïque, relayant les propos du chef de l’Etat à propos d’un «Islam de France et non pas d’un Islam en France» est bien loin de provoquer l’enthousiasme.
Mohamed Cherif témoigne d’une certaine réticence vis-à-vis du pouvoir politique. «Si j’effectue un bref retour dans le passé, je ne suis pas convaincu que l’Etat a véritablement joué son rôle. Les communautés musulmanes ont souvent rencontré des difficultés pour acheter des terrains ou obtenir des permis de construire.»
AuHavre, dans le quartier de Caucriauville, la mosquée de l’association socio-culturelle des musulmans de Haute-Normandie sera achevée l’an prochain. «Il s’agit là d’un dossier entièrement financé par les fidèles. Il n’y a pas un centime de l’Etat, de la ville ou même de l’étrangerdans ces 1,2million d’euro» explique Kamel Dallali, le responsable de l’association. Et il ne souhaite pas que les règles changent.
«Nous souhaitons conserver une indépendance totale. Actuellement notre lieu de culte manque de dignité, nous sommes contraints parfois de prier dehors. Mais les fidèles ne sont que plus motivés pour participer à l’édification d’une mosquée plus vaste. Un lieu où hommes et femmes pourront prier comme il se doit». Lui aussi, ressent comme une stigmatisation le fait d’évoquer l’Islam… à quelques mois des élections. «Nous vivons dans la laïcité, nous en respectons toutes les règles. Mais une fois encore ce débat porté sur la place publique sera catastrophique pour notre communauté et servira à gonfler les voix de Marine Le Pen».
A quelques centaines de mètres de là, dans un autre quartier duHavre, c’est l’association Mesjed En Nour qui construit sa mosquée. Là encore, les locaux actuels sont trop exigus. Beaucoup trop.
Les fidèles du vendredi doivent braver les intempéries pour prier.
Le représentant de cette association, Madaci Benouioua, se montre un peu plus nuancé. «Pourquoi pasun financement public? Jusqu’à présent, on ne se posait pas la question puisque la collecte ne s’effectue qu’auprès de nos fidèles». A La Mare Rouge, le dossier mosquée se chiffre autour de 1,2million d’€.
Mais très vite, Madaci Benouioua atténue son propos. «Si l’Etat finance, que va t-il nous demander ensuite? Est-ce que cela ne risque pas de restreindre notre liberté.» Il conclut: «Vous savez, les mosquées ce sont des lieux ouverts…»

AU HAVRE, A CANTELEU ET A EVREUX

“Le respect de la loi 1905”

De quelle nature est l’intervention de la municipalité dans la construction de mosquée ?
Christophe Bouillon. Maire (PS) de Canteleu : « C’est une opération purement privée, il n’y a eu aucun financement public […] Dans ce dossier la Mairie a simplement instruit la demande de permis de construire de la même manière qu’elle instruit toutes les demandes : en veillant au respect des règles d’urbanisme ».
Edouard Philippe. Maire (UMP) du Havre. : « La délivrance d’un permis s’inscrit strictement dans le respect du droit de l’urbanisme […] Par ailleurs, on a parfois fait en sorte de mettre un terrain à disposition ou de participer au financement d’équipements culturels contenus dans le projet cultuel ».
Michel Champredon. Maire (PS) d’Evreux. « Dans ce projet d’édification d’une mosquée, que nous voulons fédératrice, la municipalité constitue un élément coordinateur. Nous devons être une force d’impulsion et de conseil afin d’éviter la multiplication de micro-lieux religieux. Mais sans aucun financement en respect du principe de laïcité »
Benoist Apparu s’est dit favorable « à titre personnel » à la construction de mosquées avec l’argent public…
Christophe Bouillon. « Je suis, pour ma part, profondément attaché au respect de la loi de 1905 qui garantit la liberté de culte mais qui assure également la neutralité de la République par l’absence de financement public ».
Edouard Philippe. « Cette loi de 1905 est une bonne loi, centrale et fondamentale, totalement intégrée dans le socle républicain. Mais il ne faut pas être naïf, la loi place dans une situation différente les cultes d’avant 1905 et ceux qui ont suivi. Par ailleurs, nous savons également que des églises d’après 1905 ont parfois reçu des financements parce qu’elles présentaient un intérêt architectural… Maintenant faut-il revenir sur cette loi ? Cela mérite réflexion. Mais à mon avis il est impératif de bien cadrer cette réflexion pour obtenir un débat serein. »
Michel Champredon : « C’est la fausse bonne idée par excellence. La laïcité est un fondement de la République. Il serait bon de ne pas venir perturber ce pilier républicain. »

  8 Responses to “L’Etat doit-il financer les mosquées?”

  1. Les mosquées ne sont pas des constructions purement religieuses. Les musulmans peuvent (et ils le font) soutenir qu’une partie du projet est toujours culturelle et mérite à ce titre le soutien de l’État.

  2. Après la circoncision, les mosquées ! Et pourquoi pas les djellabah et le chéche et le taxi, etc, et pour tous autres sous-groupes de la population pour qu’ils viennent voter pour l’UMP ! ! !

  3. déjà la question ne devrait même pas être posée dans un état laïc. Et des caméras de surveillance par mesure de précaution, confiance zéro, nous devons surveiller ce qui se dit pendant la prière, mesure de précaution indispensable.

    Un article dans aujourd’hui en France ” Des sous oui mais pas pour nous surveiller !
    http://www.leparisien.fr/une/des-subventions-oui-mais-pas-pour-nous-surveiller-19-02-2011-1322416.php

  4. NON
    en vertu de la loi de 1905
    NON
    l’islam n’est pas une religion
    NON
    c’est la meilleure bonne pire mauvaise idée par excellence ! juré craché ils ne viendront pas à bout de notre pilier républicain.

  5. […] A postériori, interrogé dans le quotidien Paris-Normandie, Edouard Philippe justifiait ce coup de pouce : « La délivrance d’un permis s’inscrit strictement dans le respect du droit de l’urbanisme […] Par ailleurs, on a parfois fait en sorte de mettre un terrain à disposition ou de participer au financement d’équipements culturels contenus dans le projet cultuel. » (source) […]

  6. […] A postériori, interrogé dans le quotidien Paris-Normandie, Edouard Philippe justifiait ce coup de pouce : « La délivrance d’un permis s’inscrit strictement dans le respect du droit de l’urbanisme […] Par ailleurs, on a parfois fait en sorte de mettre un terrain à disposition ou de participer au financement d’équipements culturels contenus dans le projet cultuel. » (source) […]

  7. […] A postériori, interrogé dans le quotidien Paris-Normandie, Edouard Philippe justifiait ce coup de pouce : « La délivrance d’un permis s’inscrit strictement dans le respect du droit de l’urbanisme […] Par ailleurs, on a parfois fait en sorte de mettre un terrain à disposition ou de participer au financement d’équipements culturels contenus dans le projet cultuel. » (source) […]

  8. […] A postériori, interrogé dans le quotidien Paris-Normandie, Edouard Philippe justifiait ce coup de pouce : « La délivrance d’un permis s’inscrit strictement dans le respect du droit de l’urbanisme […] Par ailleurs, on a parfois fait en sorte de mettre un terrain à disposition ou de participer au financement d’équipements culturels contenus dans le projet cultuel. » (source) […]

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